France : “Notre-Dame brûle”

25 Avril, 2022
Provenance: fsspx.news

Le 16 mars 2022 est sorti le film Notre-Dame brûle, de Jean-Jacques Annaud, trois ans après l’incendie de Notre-Dame de Paris. Il restitue heure par heure le déroulé du tragique incendie qui a failli emporter l’édifice, le 15 avril 2019.

De la première alerte, donnée lors de la messe de 18h par le gardien du système de sécurité récemment engagé, jusqu’à l’extinction complète du feu, au matin du 16 avril. Le film met en scène le combat périlleux de ceux qui ont été confrontés à un incendie monstrueux, et dont, en fin de nuit, la compétence et le courage ont triomphé, ad majorem gloriam Dei.

Aujourd’hui, la cathédrale de 850 ans est toujours debout, les 1300 objets sacrés du Trésor ont tous été sauvés, aucune vie n’a été perdue. Notre-Dame du pilier, la statue de la Vierge qui personnifie l’édifice a été retrouvée intacte au milieu des décombres. Quand les premiers rayons de l’aube ont effleuré son visage et celui de son Enfant épargné, on l’a vue sourire, écrit le réalisateur.

Le film rend hommage au travail des pompiers qui se sont battus durant quinze heures contre les flammes. « Parmi ce que nous sacralisons encore, déclare Jean-Jacques Annaud, on trouve les pompiers. » Car l’incendie de Notre-Dame de Paris, personne ne pouvait l’imaginer. Pourtant, « tout est vrai sans que rien paraisse vraisemblable ». Cette citation d’Antoine de Rivarol (1753-1801), qui ouvre le film, montre à quel point la réalité a dépassé la fiction.

Au plus fort de l’incendie, on voit Laurent Prade, le régisseur chargé de l’inventaire des objets d’art de la cathédrale, incapable de se souvenir du code d’accès au coffre contenant la Couronne d’épines, fleuron du Trésor de Notre-Dame : « La réalité est souvent invraisemblable, souligne le cinéaste, mais cette histoire est pourtant tirée des entretiens que j’ai eus avec Laurent Prade et du propre récit qu’il a écrit et que j’ai scrupuleusement suivi. »

A travers « plus de 10.000 pages de documents », c’est la reconstitution documentaire et chronologique de l’incendie : « Je ne prends pas parti, explique Jean-Jacques Annaud, je raconte simplement ce que je sais et ce qui a été. » Et, « pour partager l’émotion, j’ai mis mes acteurs à 1m50 de feux à 850 degrés ! », ajoute-t-il.

Avec un système d’alerte défaillant et des pompiers coincés dans la circulation parisienne qui tardent à arriver sur place, tous les ressorts dramatiques étaient réunis : « Notre-Dame, une star internationale… un démon, le feu… et des sauveteurs empêchés de porter secours, comme dans un mauvais rêve », poursuit le cinéaste.

Le réalisateur du Nom de la rose (1986) et de Sept ans au Tibet (1997) a dû procéder à un travail minutieux de reconstitution pour les décors grandeur nature, impressionnants. Il a visité en France une trentaine de cathédrales gothiques pour reproduire ces décors en studio.

A la cathédrale de Sens, qui a le même dallage que l’édifice parisien, ont été tourné les plans en plongée et à celle de Bourges, les contre-plongées. « Je ne pouvais faire ce travail qu’en France, précise-t-il, car il y a une trentaine de lieux en véritable gothique qui ont utilisé quasiment la même pierre. »

Répondant aux questions de l’agence suisse cath.ch, Jean-Jacques Annaud confie que « Notre-Dame de Paris est le premier bâtiment qui m’a fait aimer l’architecture gothique. Le jeudi, ma maman m’emmenait à Paris (…) et le circuit habituel, c’était de passer à Notre-Dame. »

Dans Le Point du 5 mars 2022, il ajoute : « Avec mon argent de poche, je m’étais abonné au journal de Mickey mais aussi à la revue Zodiaque conçue par les moines de la Pierre-qui-Vire qui réalisaient des monographies sur les églises romanes. (…) J’étais un passionné et plus tard étudiant, j’avais choisi de faire des études d’histoire de l’art du Moyen Age parallèlement à mes études de cinéma. J’ai passé mon adolescence à photographier des cathédrales, des églises et des chapelles. »

« J’aime les lieux de culte », poursuit le cinéaste âgé de 78 ans. « Mes parents étaient athées, comme je le suis moi-même, mais ils étaient très respectueux, très tolérants. Pour vous dire, je suis touché et j’aime la foi des autres. Je respecte les moments de prière et je suis toujours ému, quand je rentre dans un temple, de quelque religion qu’il soit. Parce que ce sont des lieux importants dans les vies. »

Et d’ajouter : « rien ne m’a mieux plu qu’un séjour, avant Le nom de la Rose, avec les moines bénédictins de l’abbaye de Praglia (Italie), où ils remettaient en état des vieux grimoires… La paix, le sens de l’unité du groupe… ne parler que quand c’est nécessaire… il y a quelque chose de profond et très beau qui me touche énormément. »