France : vive polémique autour des propos du pape sur la « théorie du genre »

14 Octobre, 2016
Provenance: fsspx.news

Une polémique s’est fait jour en France après les propos du pape François sur la « théorie du genre », tenus le 2 octobre 2016, en réponse aux questions des journalistes dans l’avion qui le ramenait à Rome, à l’issue de son 16e voyage apostolique en Géorgie et en Azerbaïdjan.  

Le pape a dénoncé la « colonisation idéologique » de la « théorie du genre » quand elle devient « une doctrine ». Face aux journalistes, le souverain pontife a raconté l’anecdote d’un « papa français » qui « demande à son fils de 10 ans : ‘que veux-tu faire quand tu seras grand ?’. ‘Etre une fille !’, lui répond l’enfant. Le papa s'était alors rendu compte que dans les livres du collège, on enseignait la théorie du genre. »

Le pape François a déclaré que « ceci est contre les choses naturelles ! Pour une personne, une chose est d’avoir cette tendance, cette option, et même de changer de sexe, autre chose est de calquer l’enseignement dans les écoles sur cette ligne, pour changer la mentalité. C’est cela que j’appelle la colonisation idéologique. »

Ainsi que le signale Jean-Marie Guénois dans Le Figaro du 2 octobre 2016, le pape François avait préalablement affirmé : « Il y a une guerre mondiale contre le mariage et nous devons être attentifs à ne pas laisser ces idées entrer en nous. »

Il n’en fallait pas moins pour que, dès le lendemain, la ministre française de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, déplore que le pape ait été « mal informé » car il n’y a pas de « théorie du genre » dans les manuels scolaires. Elle a suggéré sur les ondes de France Inter que François avait été « victime de la campagne de désinformation massive conduite par les intégristes ».

Le Syndicat National des Instituteurs SNUipp-FSU, par la bouche de Francette Popineau, sa porte-parole et co-secrétaire générale, a également réfuté dans les médias, le 3 octobre 2016, le fait d’un enseignement de la « théorie du genre », en France. D’après elle, il s’agit simplement d’une « éducation à l’égalité filles-garçons » qui a été inscrite dans les programmes, dans le « cadre de la lutte contre les stéréotypes et les discriminations ».

Pour Bérénice Levet dans Le Figaro du 4 octobre, « le Genre avance toujours masqué : c’est au nom de l’égalité, du respect des différences, que s’opère la déconstruction du masculin et du féminin. » Selon cette universitaire, « les spécialistes du déni nous objectent que le Genre n’est pas enseigné à l’école primaire, au collège puisque le mot ne figure nulle part. Peut-être, mais là n’est pas la question, ce qui est bel et bien diffusé, ce sont les postulats du Genre ». Et de le désigner comme un « nouvel Evangile », annonçant « la bonne nouvelle que les identités sexuées et sexuelles n’étant que des constructions, elles peuvent être déconstruites. »

Le 4 octobre, sur reinformation.tv, Clémentine Jallais a regretté également que « la présence de la théorie du genre dans les manuels scolaires s’accentue, de fait, avec les années. » Les nouveaux programmes d’éducation civique « en témoignent tout particulièrement. Il suffit d’ouvrir un ouvrage de 6e ou de 5e pour s’apercevoir que les modèles ‘traditionnels’ du masculin et du féminin sont systématiquement inversés, pour une ‘rééducation’ organisée : plus que jamais, le genre est présenté comme un système social construit, oppresseur, qu’il convient de transgresser. »

(Sources : apic/lefigaro/reinformation.tv – DICI n°342 du 14/10/16)