François affirme l’impossibilité de l’ordination des femmes

30 Novembre, 2022
Provenance: fsspx.news
Institution de l’Eucharistie et du sacerdoce au cours de la dernière Cène

Le 22 novembre 2022, le pape François a accordé un long entretien au magazine jésuite America, publié le 28 novembre, et couvrant une assez large palette de sujets. La question de l’ordination des femmes a été abordée, mais aussi la conférence épiscopale américaine, la guerre en Ukraine, et la tendance politique du Pape.

L’ordination des femmes

Le rédacteur en chef du magazine interroge le Pape : « Que diriez-vous à une femme qui sert déjà dans la vie de l’Eglise, mais qui se sent toujours appelée à être prêtre ? » La réponse de François est nette, mais enrobée dans des considérations parallèles.

Le pape affirme d’emblée qu’il « s’agit d’un problème théologique ». Mais il distingue trois niveaux : la dimension ministérielle de l’Eglise ; sa dimension sponsale, car l’Eglise est l’épouse du Christ, et la dimension administrative.

Il nomme la première « principe pétrinien », la deuxième « principe marial », et la troisième « voie administrative », qui ne relève pas de l’ordre théologique. « Dans cet aspect, je crois que nous devons donner plus d’espace aux femmes. » Il donne l’exemple des nominations récentes au Vatican.

Notons que le principe administratif relève du pouvoir épiscopal qui comporte trois dimensions : sacramentel ou ministériel, magistériel, et le pouvoir de gouvernement. Ce dernier est lié aux deux premiers, et ne peut être exercé, de manière habituelle, que par un pasteur, un évêque.

François donne ensuite sa conclusion sur ce point : « Et pourquoi une femme ne peut-elle pas entrer dans le ministère ordonné ? C’est parce que le principe pétrinien n’a pas de place pour cela. Oui, il faut être dans le principe marial, qui est plus important. » Une manière de dire que les femmes ne peuvent pas recevoir l’ordination.

Certes, il ne s’agit pas d’un document magistériel, mais la réponse a le mérite d’être claire, tout en voulant ménager certains aspects « féministes », et en faisant l’impasse sur le pouvoir de gouvernement de l’épiscopat, pour nommer des femmes à des postes de responsabilité au Vatican.

Le rôle des évêques

Une question portait sur la confiance mitigée accordée à la conférence épiscopale américaine. La réponse du Pape remet certaines choses en place : « Il est trompeur de parler de la relation entre les catholiques et la conférence épiscopale. La conférence épiscopale n’est pas le pasteur ; le pasteur est l’évêque. »

François poursuit : « On court donc le risque de diminuer l’autorité de l’évêque si l’on ne regarde que la conférence des évêques. Ne dissolvons pas le pouvoir de l’évêque en le réduisant au pouvoir de la conférence des évêques. »

Il conclut : « La réponse à votre question est la suivante : la conférence des évêques est une organisation destinée à aider et à unir, un symbole d’unité. Mais la grâce de Jésus-Christ réside dans la relation entre l’évêque et son peuple, son diocèse. »

La tendance politique du Pape

Un Jésuite explique alors au Pape que, aux Etats-Unis, certains pensent qu’il est socialiste, ou communiste, voire marxiste.

Le Pape explique que « c’est une réduction socio-politique du message évangélique ». Et il ajoute : « Si je ne vois l’Evangile que de manière sociologique, oui, je suis communiste, et Jésus l’est aussi. » (??) Il conclut : « Les communistes ont volé certaines de nos valeurs chrétiennes. D’autres, ils en ont fait un désastre. »