Fraternité Saint-Pie X : Rome reconnaît les mariages valides

18 Avril, 2017
Provenance: fsspx.news

Après le pouvoir de confesser les fidèles, le pape François encourage les évêques à concéder aux prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, la faculté de célébrer le sacrement du mariage. Analyse d’une nouvelle étape dans les rapports entre Rome et la Fraternité fondée par Mgr Lefebvre. 

Le 4 avril 2017, a été rendue publique une lettre de la Commission pontificale Ecclesia Dei, au sujet de la permission à donner pour la célébration des mariages concernant les fidèles de la Fraternité Saint-Pie X. Cette lettre, approuvée le 27 mars dernier par le Souverain Pontife, — signée par le cardinal Gerhard Müller, Président de la Commission, et par Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de ce même organisme — a été adressée aux Présidents des conférences épiscopales concernées. 

L’objet de la lettre est de clarifier la situation des mariages célébrés par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X : jusqu’ici, ces derniers — constatant l’impossibilité morale de demander une délégation à l’Ordinaire du lieu, et convaincus de faire ce que l’Église a toujours fait dans la préparation et la célébration du sacrement de Mariage — s’appuient sur la notion de « suppléance au manque de juridiction », prévue par le droit canonique, afin de dispenser les époux de la forme canonique du sacrement, et assurer sa pleine et entière validité. 

La Commission explique le motif de la permission donnée aujourd'hui : elle s’inscrit « Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles », que le document pontifical « Misericordia et misera » reconnaissant la validité des absolutions données par les prêtres de la Fraternité. On retrouve ici la priorité souvent donnée par le Souverain Pontife à la dimension pastorale des grands enjeux touchant la vie de l’Église.  

La Lettre de la Commission prévoit que les consentements seront pris selon le Rituel latin traditionnel, « dans la mesure du possible » par un prêtre incardiné dans le diocèse où se célèbre le mariage — ou à tout le moins par un prêtre « pleinement régulier » —, le prêtre de la Fraternité célébrant la messe ensuite. 

Si cela n’est pas possible, le document précise que l’Ordinaire du lieu a la possibilité de « concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement. » 

Il est intéressant de noter que la lettre laisse ouverte la question de la possibilité ou de l’impossibilité de recourir à un prêtre diocésain. Or le droit de l’Église demande d’interpréter les lois dans leur sens le plus favorable pour les fidèles concernés : on peut dès lors aisément comprendre que les fidèles se réclamant de la Fraternité se sentent légitimement empêchés de faire appel à un autre pasteur que celui qui les aura consciencieusement préparés, souvent pendant plus d’un an, et qui les connaît mieux que tout autre, à l’image du "bon pasteur" qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent. 

À travers ce document romain, apparait aussi le souci de ne pas « couper l’herbe sous le pied » des conférences épiscopales ; car l’initiative de la délégation revient ici bien aux Ordinaires du lieu et à eux seul, même si la Commission entend inciter les évêques diocésains à la générosité dans l’application de cette mesure : « Cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration. », conclut la Lettre approuvée par le pape François. 

D’ailleurs — est-ce un hasard du calendrier — cette nouvelle permission a été approuvée, le 24 mars dernier, lors de l’audience pontificale accordée au cardinal Président de la Commission Ecclesia Dei, soit quelques jours seulement avant la réunion de printemps de la Conférence des évêques de France à Lourdes, du 28 au 31 mars. Il est probable que le cas de la Fraternité a été évoqué, puisque le porte-parole de la Conférence, Mgr Ribadeau-Dumas, a expliqué : « Au cours de cette assemblée, les évêques ont consacré une journée — le jeudi 30 — au thème de l’unité de l’Église et la diversité des catholiques ». 

Pour sa part, la Maison générale a réagi dans un communiqué publié le jour même : « La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans être inquiétés sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale. 

« Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise. » 

(Sources : Bulletin du Saint-Siège / Maison Générale / FSSPX.Actualités)