Ghana : l’Eglise entre dans le débat sur l’homosexualité

02 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news
Le président du Ghana, Akufo-Addo, qui a déclaré qu’il n’accepterait jamais une loi en faveur de l’homosexualité

L’épiscopat ghanéen a réitéré sa condamnation des pratiques homosexuelles, au moment où plusieurs organisations, bénéficiant d’une manne financière provenant de l’étranger, militent afin d’obtenir la dépénalisation de l’homosexualité.

Le gala qui s’est tenu à Accra le 31 janvier 2021 a mis le feu aux poudres. Ce jour-là, « LGBT+ Ghana », une association militant pour la dépénalisation de l’homosexualité, inaugure un espace communautaire dans la capitale ghanéenne, en présence de diplomates étrangers, dont l’ambassadeur de l’Union européenne (UE).

Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’ire de la classe politique : le 11 février dernier, par la voix de son secrétaire, l’avocat Moses Foh-Amoaning, la Coalition nationale pour les droits sexuels appropriés et les valeurs familiales (NCPHSRFV) a fustigé l’ingérence des Européens : « l’Union européenne ne devrait pas imposer ses valeurs et croyances aux Ghanéens qui sont contre l’homosexualité », a déclaré le juriste.

Quelques jours plus tard, c’est au tour de l’Eglise de prendre fermement position : dans un communiqué publié le 19 février dernier, Mgr Philip Nameeh, évêque de Tamale et président de la Conférence des évêques du Ghana (GCBC) écrit au nom de l’épiscopat afin de « condamner tous ceux qui soutiennent la pratique de l’homosexualité au Ghana » ; ajoutant « soutenir la position de l’avocat Foh-Amoaning et de la Coalition qui mène depuis plusieurs années la croisade contre l’homosexualité ».

Par ailleurs, la NCPHSRFV a écrit au chef de l’Etat, Akufo-Addo, lui demandant de s’exprimer « sur la question de l’homosexualité et de sa pratique au Ghana ».

La loi en vigueur, qui date de 1960, stipule que « toute personne se livrant à des relations charnelles non naturelles encourt une peine de prison qui ne pourra pas être inférieure à 5 ans et supérieure à 25 ans ».

Une disposition légale que tentent de faire disparaître des associations militantes, grassement financées depuis l’étranger.

Si les prélats ghanéens prennent soin de préciser qu’ils s’inscrivent « contre toute violence ou injuste discrimination perpétrée à l’encontre d’une personne homosexuelle », ils rappellent que dans la Bible, « l’homosexualité est considérée comme une perversion et une abomination païenne », selon leurs termes.

« Nous demandons également au gouvernement du Ghana de fermer les bureaux LGBTQI qui ont été récemment ouverts à Accra », conclut le communiqué de la Conférence des évêques, qui « prie l’exécutif et le Parlement de ne jamais se laisser intimider, ni de succomber à la pression visant à légaliser les droits des LGBTQI au Ghana ».