Hong Kong : une intronisation épiscopale sur fond d’incertitudes

13 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news

Avec la consécration de Mgr Stephen Chow, le 4 décembre 2021, le diocèse de Hong Kong a enfin retrouvé un évêque, près de trois ans après la mort de Mgr Michael Yeung Ming Cheung. Du côté du Vatican, le choix d’un candidat n’a pas été facilité par les tensions qui secouent l’ancienne colonie britannique, chaque jour davantage entre les mains de Pékin.

Le cardinal Joseph Zen était présent, en ce 4 décembre 2021, comme co-consécrateur de l’ordination épiscopale du nouvel évêque de Hong Kong, Mgr Stephen Chow.

« Il lui a été confié la tâche de témoigner de la vérité de l’Evangile et du ministère de l’Esprit et de la justice », a déclaré le cardinal John Tong Hon, jusqu’ici administrateur apostolique de Hong Kong, consécrateur principal.

Un témoignage qui ne sera pas facilité par l’atmosphère de tensions qui pèse sur l’ancienne colonie britannique : près de dix-sept mois après le vote de la nouvelle loi sur la sécurité nationale mise au point par Pékin, au moins 50 groupes prodémocratie ont été dissous de force, y compris des partis politiques, des syndicats et des institutions religieuses. Près de 155 personnes ont été arrêtées.

Par ailleurs, la police a reçu plus de 200 000 dénonciations – soit 550 par jour environ – grâce à un numéro vert mis en place il y a un an : c’est le bilan que dresse le site d’informations critique par rapport à Pékin, le Hong Kong Free Press (HKFP).

Néanmoins, le nouvel ordinaire veut y croire : « en tant qu’évêque c’est mon désir d’être un pont entre les autorités gouvernementales et l’Eglise et Hong Kong », a-t-il déclaré dans une allocution, ajoutant que « le catholicisme ne (pouvait) plus être considéré comme une religion étrangère, mais comme faisant partie intégrante de la société de Hong Kong ».

Une manière discrète de réfuter un Parti communiste chinois (PCC) qui voit dans l’Eglise catholique un corps essentiellement étranger à l’empire du Milieu, qu’il faudrait transformer et contrôler pour l’assimiler.

En raison des restrictions sanitaires, la cérémonie a été retransmise par internet, et suivie par quelques 6 000 personnes.

Nommé évêque le 17 mai dernier, Mgr Stephen Chow a attendu près de sept mois sa consécration en la cathédrale de l’Immaculée Conception.

Un délai qui s’explique par le désir, à Rome, de ne pas trop brusquer les mandarins rouges, depuis le fragile accord – toujours provisoire – signé en 2018, sur le délicat sujet de la nomination des évêques : un accord décrié par une partie des catholiques chinois qui y voient une reddition en bonne et due forme au PCC.

Spécialiste de la Chine, le père Gianni Criveller, membre de l’Institut pontifical des missions étrangères (PIME) est d’un optimisme plutôt réservé sur la situation : « Mgr Stephen a une tâche humainement très difficile devant lui. En fait, cela semble presque impossible. Cependant, nous croyons en la puissance de la prière et en la communion de ceux qui confient leur vie au Seigneur Jésus », a-t-il déclaré à Ucanews.

Mgr Chow, lui, veut y croire dur comme fer : il fera tout pour « maintenir les principes de l’Eglise en promouvant l’évangélisation par tous les chemins possibles ».

Ce qui demeure certain, c’est que les semaines qui viennent seront décisives pour la crédibilité du nouvel évêque, car les maîtres de Pékin ne manqueront pas de tester, voire de chercher à déstabiliser le nouveau venu…