Il y a quinze siècles, l’épopée de saint Sidoine Apollinaire

15 Janvier, 2021
Provenance: fsspx.news

L’année 2021 voit le 1550e anniversaire de l’accession de saint Sidoine Apollinaire au siège épiscopal de Clermont-Ferrand, l’un des plus importants dans la Gaule d’alors. FSSPX.Actualités revient sur cette grande figure épiscopale, ultime témoin du monde gallo-romain qui devait bientôt disparaître sous les coups des invasions barbares.

Caïus Sollius Modestus Apollinarius Sidonius naît à Lyon, alors capitale des Gaules, en 431 ou 432. Il appartient à l’une des familles les plus importantes du pays : son grand-père avait été préfet du prétoire de Gaule sous le règne de Théodose, et c’est par la conversion de cet aïeul que le christianisme est entré dans la famille. Sous l’empereur Valentinien III, son père avait été revêtu de la même dignité. Le plus brillant avenir semblait donc réservé à Sidoine.

Après avoir achevé des études aussi complètes que possible, celui-ci épouse en effet, vers 452 une jeune fille originaire d’Auvergne, Papianilla, dont le père – Flavius Eparchius Avitus – devait être, quelques années plus tard, élu empereur par les députés de la noblesse gauloise réunis à Beaucaire.

Le 1er janvier 456, selon la coutume, Sidoine est chargé de prononcer devant le Sénat romain le traditionnel panégyrique de son-beau père : ce qu’il fit avec succès. Las ! Peu de temps après, l’empereur est renversé, mais Sidoine rentre dans les grâces de son successeur, dont il prononcera aussi le panégyrique.

En 468, son éloquence lui vaut d’être nommé préfet de Rome, puis, à la sortie de sa charge, patrice. Le futur saint espérait jouir en paix des années qui lui restaient à vivre lorsque, dans des conditions mal connues, il se trouve propulsé en 471 sur le siège épiscopal de Clermont, alors vacant.

Rien ne l’a préparé à l’exercice de ces hautes fonctions, mais dès qu’il est élu, Sidoine Apollinaire a le souci de se rendre digne de la confiance de son peuple et de ses collègues, et de se montrer à la hauteur des circonstances particulièrement difficiles dans lesquelles son ministère devait s’exercer.

En effet, dès 474, les nuages s’amoncellent sur la cité des Arvernes : les Wisigoths conduits par l’hérétique arien Euric envahissent la région. Sidoine doit organiser lui-même la résistance. Mais Clermont tombe bientôt, et l’évêque est emprisonné dans la forteresse de Livia, près de Carcassonne.

Rendu à la liberté, Sidoine Apollinaire retrouve son siège épiscopal sur lequel il mourra en paix, vers 487 ou 489.

Il y a eu deux hommes dans Sidoine Apollinaire : le patricien gallo-romain et l’évêque. Sa vie, se partage en deux phases bien distinctes. La première, toute mondaine, est absorbée par la légitime ambition que pouvait concevoir un homme de son rang et de sa naissance.

La seconde nous présente un évêque, dans toute l’acception de ce mot : un pasteur vigilant de son troupeau, dévoué aux soins de ses intérêts moraux et matériels, préoccupé de la multitude d’affaires qui s’imposaient à un évêque des Gaules, à la fin du Ve siècle, dans le désarroi général de la société.

Mais, à côté de l’évêque, nous trouvons aussi le patriote gallo-romain, profondément attaché à tout ce que comprenait de gloire, de traditions et de souvenirs ce grand nom de Rome.

Les derniers efforts de patriotisme romain, c’est Sidoine qui les a faits, preuve remarquable de cette unité profonde dont Rome avait empreint les nations soumises à son empire ; les dernières paroles éloquentes, inspirées de ce patriotisme, c’est l’évêque de Clermont qui les a prononcées. Et il est remarquable que la terre gauloise qui lutta avec tant d’énergie contre les légions de César ait été aussi la dernière à résister, au nom de Rome, à l’invasion et à la conquête des barbares ariens.