Inde : les différents visages du djihad

20 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Joseph Kallarangatt, évêque syro-malabare de Pala

En Inde, la hiérarchie catholique dénonce les tactiques que les islamistes utilisent contre les chrétiens. Le djihad s’y décline dans des versions « soft », dite « amoureuse » ou « narcotique », mais le but demeure inchangé : éliminer les infidèles.

Le Kérala est un Etat de l’ouest de l’Inde où les chrétiens représentent à peu près 20% de la population, contre un peu plus d’un quart de musulmans. C’est l’Etat où les chrétiens sont les plus nombreux : ils ne représentent que 2,3 % de la population totale de l’Inde.

Depuis plusieurs années, les musulmans sont accusés d’utiliser le mariage à des fins de conversion religieuse, une pratique constatée dans toute l’Inde qui touche indistinctement chrétiens et hindous.

Sous la pression du parti nationaliste au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), plusieurs Etats indiens ont adopté une législation interdisant le mariage interreligieux dénonçant un « djihad de l’amour ».

C’est au nom de cette loi que de nombreux responsables catholiques ont été amenés à porter plainte contre des musulmans qui avaient jeté leur dévolu sur de jeunes chrétiennes.

C’est le cas de Mgr Joseph Kallarangatt, évêque syro-malabare de Palai (Kérala), qui n’y va pas par quatre chemins pour dénoncer une situation qui voit l’Eglise « perdre ses jeunes femmes », selon lui.

« Dans un pays démocratique comme le nôtre, il n’est pas possible de prendre les armes pour éliminer les infidèles, alors les djihadistes utilisent des moyens difficiles à identifier : de l’avis des djihadistes, les non-musulmans doivent être supprimés », prévient le prélat, dans un entretien à la presse, le 9 septembre 2021.

Et Mgr Kallarangatt d’ajouter : «  lorsque l’objectif est l’expansion de leur religion et l’élimination des non-musulmans, les moyens qu’ils utilisent prennent des formes différentes : celle du ‘djihad amoureux’ ou celle du ‘djihad narcotique’ ».

Par « djihad narcotique », il faut comprendre « la destruction de la vie des non-musulmans par la consommation et la vente de drogues », explique l’évêque de Palai.

La situation est si préoccupante que le cardinal George Alencherry, patriarche de l’Eglise catholique de rite syro-malabare, a convoqué en 2020 une commission sur les mariages avec disparité de culte, qui désignent les mariages entre catholique et non-baptisé.

Le droit de l’Eglise proscrit ces unions, sauf dispense de l’ordinaire du lieu, avec l’engagement sous serment de la partie non catholique à laisser l’autre partie pratiquer librement sa religion, et à élever les enfants dans l’Eglise ; bien que de telles dispenses soient accordées assez facilement en Occident, elles sont très souvent refusées en Inde, en raison du danger pour la foi.

Mgr Kallarangatt insiste : «  quiconque refuse de voir le phénomène du ‘djihad amoureux’ est dans un déni de réalité, nous perdons nos femmes les plus jeunes. Ce n’est pas une question de mariage d’amour, c’est une stratégie de guerre pour détruire leur vie. »

L’évêque de Palai explique : « de jeunes femmes de dix-huit ans sont piégées dans une relation amoureuse puis emmenées de force sans le consentement de leurs parents. Elles sont souvent abandonnées après quelques années de mariage », affirmant qu’elles « se retrouvent dans des camps terroristes » dans des pays comme l’Afghanistan.

Des accusations qui n’ont pas eu l’heur de plaire à certaines organisations islamiques, telles la Fédération étudiante sunnite du Kerala de Samasta (SKSSF) et les Moudjahidines du Kerala Naduvathul, qui n’ont pas tardé à protester publiquement de leur bonne foi, contre l’évêque.

« Il doit produire des preuves pour prouver des allégations aussi graves. Il s’agit d’une initiative visant à isoler les musulmans et à créer un climat de peur contre eux. Nous souhaitons qu’il retire ce qu’il a écrit », gronde le secrétaire de la SKSSF dans un communiqué.

Le père Babu Joseph, ancien porte-parole de la Conférence des évêques d’Inde a confirmé les propos de l’évêque de Palai : « ils ne sont pas teintés de communautarisme », mais c’est « un fait de société également souligné par de hauts responsables de la police et des responsables du Kérala ».

Ainsi, en Inde, l’Eglise semble avoir pris la mesure du danger de l’islamisation, là où le complexe occidental maintient le plus souvent la vieille Europe dans un déni de réalité qui augure des lendemains qui déchantent.