Irlande du Nord : la démographie sourit aux catholiques

29 Septembre, 2022
Provenance: fsspx.news
Cathédrale Saint-Pierre de Belfast

En Irlande du Nord, les catholiques viennent de dépasser en nombre la population protestante : un comble dans un pays qui a été conçu il y a un siècle pour conserver aux protestants leur majorité démographique.

Si les faits sont têtus, les chiffres le sont peut-être encore davantage. Les résultats du grand recensement de 2021 – le premier depuis le Brexit – publiés le 21 septembre dernier sont sans appel : 45,7% des habitants d’Irlande du Nord sont catholiques, devant les protestants qui représentent désormais 43,88% de la population.

Diarmaid Ferriter, historienne et essayiste y voit un véritable tournant : « Depuis longtemps, les protestants sont les témoins de la perte de leur suprématie politique. Voici venir le temps de la perte de leur suprématie numérique, ce qui constitue un nouveau coup pour eux », explique-t-elle.

Cette évolution démographique, qui s’explique par un taux de natalité plus élevé chez les catholiques que chez les protestants, est-elle de nature à changer la donne politique au point de menacer l’intégrité du Royaume-Uni ?

Un changement de repères

Pas forcément, car comme le souligne Diarmaid Ferriter, l’identité religieuse n’a plus nécessairement d’incidence sur le vote : « Les choses sont devenues beaucoup plus floues en ce domaine », estime l’essayiste.

En effet, lors des élections les plus récentes, le soutien aux partis nationalistes – Sinn Fein et Unioniste – a plafonné à environ 40 % pour chacun, 20 % des électeurs s’étant prononcés en faveur de formations politiques nouvelles et moins clivantes.

De même, les enquêtes d'opinion montrent de façon constante que les citoyens nord-irlandais sont plus largement favorables à rester unis à la couronne britannique, qu’à rejoindre la république d’Irlande, surtout pour des raisons économiques.

Pourtant, parallèlement, le sentiment d’appartenance à la sphère britannique s’est érodé : 31,86% des personnes recensées s’identifient comme Britanniques et 29,13% comme Irlandais, tandis que lors du précédent recensement – datant de 2011 – 40% se définissaient d’abord comme Britanniques, et 25% comme Irlandais.

Des données apparemment contradictoires que résume bien Patricia McBride, porte-parole de Ireland’s Future, mouvement qui milite pour l’unité irlandaise dans une société post-Brexit : « Dans leur choix politique, les gens sont beaucoup plus enclins à se demander si leur vote améliorera leur situation financière. On ne vote pas tant avec le cœur qu’avec la raison », conclut-elle.

Et surtout avec le portefeuille…