Irlande : un archevêque au style « bergoglien »

13 Février, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Dermot Farrell

Cap sur la synodalité, exit la messe paroissiale dominicale, pouvoirs accrus des laïcs : le nouvel archevêque de Dublin vient de livrer sa vision de l’Eglise, lors d’un entretien accordé à l’émission The Hard Shoulder, le 3 février 2021.

Bien qu’il y ait actuellement dans le diocèse encore 350 prêtres actifs, desservant 197 paroisses, l’âge moyen parmi les ministres catholiques en service, est de 70 ans, et la diminution du nombre de vocations signifie pour Mgr Dermot Farrell que le nombre de paroisses devra être considérablement réduit dans les années à venir.

Un mouvement post-conciliaire de reflux déjà largement entamé ailleurs en Europe, mais qui a mis plus de temps à débuter sur une Île des saints dont le catholicisme a longtemps été ancré au cœur de la société.

« A terme, nous n’aurons peut-être qu’un prêtre par paroisse et peut-être moins, et la messe ne pourra pas être célébrée tous les dimanches », prédit le nouvel archevêque de Dublin, qui, loin d’en appeler à un élan en faveur des vocations sacerdotales et religieuses, prévient que « de plus en plus de laïcs devront donc assumer la responsabilité, en termes de leadership, au niveau paroissial » : on ne manque pas d’éprouver un sentiment de déjà-vu.

Car, aux yeux du prélat, l’heure n’est surtout pas à un examen de conscience à la lumière de la Tradition bimillénaire de l’Eglise. « Je pense que le Seigneur nous dit probablement en ce moment : Je ne veux pas que vous continuiez à faire les choses que vous faisiez il y a 100 ans, il y a 200 ans. » Si c’est Dieu qui le dit… Mais cette réflexion ressemble singulièrement à un propos cardinalice récent.

Citant l’écrivain britannique Leslie Poles Hartley qui disait que « le futur est tel un pays étranger, on doit s’y comporter différemment », l’archevêque a évoqué les changements de fond que l’Eglise devrait réaliser, selon lui : faire passer « les besoins des tous petits avant ceux de l’Eglise », et « promouvoir la coresponsabilité et à surmonter l’état d’esprit qui voudrait reléguer les baptisés à un rôle subordonné ».

Et pour qu’on ne l’accuse pas d’énumérer des poncifs conciliaires aux relents de naphtaline, Mgr Farrell a recours aux éléments de langage convenus de l’actuel pontificat : « ce que nous voulons, c’est une Eglise synodale, une Eglise en chemin, les uns avec les autres, et cela doit commencer au niveau de la paroisse ».

L’hiver risque d’être bien long pour l’Eglise d’Irlande.