Italie : polémiques autour du rabbin Zolli, converti au catholicisme

04 Août, 2009
Provenance: fsspx.news
Israel Zolli devenu Eugenio Zolli

Dans le collimateur de Minerbi, actuellement professeur d’histoire à l’Université de Tel-Aviv : "Communion et libération, l’Opus Dei et d’autres encore". L’Israélien s’interroge violemment dans Il Giornale du 21 février 2004, sur la publication en Italie, le 13 février, avec force publicité, de l’autobiographie d’Israel Eugenio Zolli, grand rabbin de Rome durant la seconde guerre mondiale, et converti au catholicisme en 1945.

 

Pour l’ancien ambassadeur, la parution en italien de l’autobiographie de Zolli, parue en 1954 aux Etats-Unis, est une « manoeuvre » qui s’inscrit dans la ligne de la béatification de Pie XII et d’Isabelle-la-catholique, et de la diffusion du film de Mel Gibson, avec une évocation antisémite de la Passion".

"Ressusciter Zolli, c’est montrer aux juifs la voie directe de la conversion", poursuit le professeur Minerbi, qui conclut "en vue de l’élection du prochain pape, les conservateurs catholiques veulent fixer quelques points pour conditionner la future politique et poser une barrière aux décisions du concile Vatican II concernant le dialogue avec les juifs."

La diatribe de Sergio Minerbi se voulait une réponse à Andrea Tornielli, journaliste vaticaniste du quotidien Il Giornale et auteur, en 2001, de Pio XII, Il Papa degli Ebrei (Pie XII, le pape des juifs). Dans un article du 13 février 2004, Tornielli écrivait que les juifs du Ghetto de Rome auraient pu se sauver le 16 octobre 1943, au moment de la rafle des nazis, mais ne l’ont pas fait "par négligence, sous-évaluation et attentisme face à la minutieuse réalisation de l’holocauste". "Trop de gens préfèrent toujours rejeter la responsabilité des faits sur l’Eglise et ses silences", avait déclaré le journaliste.

De son côté, l’historien Gian Maria Vian, dans le quotidien catholique L’Avvenire du 13 février, avait salué la sortie en italien de l’autobiographie de Zolli, Il battesimo del Rabbino.Reprenant le texte de l’autobiographie,il insistait sur le fait que le baptême d’Israel Zolli sous le nom d’Eugenio, n’était pas pour le rabbin un acte de reconnaissance des actions de Pie XII en faveur des juifs de Rome. Zolli estimait cependant "qu’aucun héros de l’histoire n’a jamais commandé une armée plus combative et héroïque que celle qui fut conduite dans la bataille par Pie XII au nom de la charité chrétienne". L’autobiographie de Zolli est avant tout "l’histoire d’une passion pour Dieu, incarné dans le Christ", soulignait Gian Maria Vian.