Jubilé des 800 ans de la mort de saint Dominique

02 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news
Mort de saint Dominique, monastère de Santa Maria Novella, Florence

Dominique de Guzman, né vers 1170 à Caleruega en Espagne et fondateur de l’Ordre des frères prêcheurs (OP), a été rappelé à Dieu le 6 août 1221.

Pour commémorer les 800 ans du dies natalis de saint Dominique, une année jubilaire a été ouverte le 6 janvier 2021 dans la basilique Saint-Dominique de Bologne, qui abrite sa dépouille mortelle. Le jubilé prendra fin le 6 janvier 2022.

Le programme jubilaire propose un pèlerinage, en dix étapes, à travers les Apennins et les collines de l’Italie centrale. Le parcours s’inspire du dernier voyage de saint Dominique en 1221, qui le conduit de Rome à Bologne, où il meurt le 6 août, alors qu’il préside le chapitre général de l’ordre.

Le pèlerinage, de Rome à Bologne sur l’ancienne Via Francigena, « suit les traces laissées par saint Dominique lors de son dernier voyage », explique le site des Dominicains, et traverse Rieti, Viterbe, Bolsena, Bagno Vignoni, Montepulciano, Sienne, Florence, Fiesole.

A l’occasion de la vêture de deux dominicains, le 26 décembre 1981 à Ecône, Mgr Marcel Lefebvre évoquait dans son sermon la figure du saint prêcheur : « Saint Dominique, qui avait d’abord débuté comme prêtre séculier, et qui avait parcouru le diocèse avec son évêque, avait gardé de cette formation cléricale, de cette formation sacerdotale, une impression très profonde de son sacerdoce.

« C’est pourquoi, lorsqu’en 1206 quelques-uns de ses compagnons se réuniront autour de lui pour aller prêcher l’Evangile contre les hérétiques albigeois qui envahissaient tout le Languedoc, saint Dominique s’efforcera de construire une société remplie du zèle apostolique, et lorsqu’il fondera sa première maison dans l’église Saint-Romain de Toulouse, l’esprit de son Ordre sera déjà fixé dans son esprit et dans l’esprit de ses compagnons.

« On est stupéfait de penser que sa première maison a été fondée en 1215 et que, en 1221, il rendait son âme à Dieu. Or, en l’espace de six ans, il aura eu le temps à la fois de prêcher sa mission, de convertir des milliers et des milliers d’hérétiques, de les faire revenir à l’appartenance de l’Eglise catholique, et, en même temps, de réunir un chapitre général à Bologne, de faire reconnaître son Ordre par Innocent III et par Honorius III. Son Ordre se répandra à travers toute l’Europe en l’espace de quelques années et, lorsqu’il mourut, il laissait déjà une congrégation florissante, un Ordre bien établi. (…)

« Cette vie apostolique, il la veut à la manière dont Notre-Seigneur lui-même l’avait décrite et l’avait voulue pour ses disciples. Ils partiront deux à deux, jamais seuls, afin de se soutenir l’un l’autre dans la ferveur de leurs prédications, rayonnant par la pauvreté de leur vie – car son Ordre sera également ce qu’on appelait un Ordre mendiant ; c’est-à-dire qu’ils vivent de ce que les gens donnent, de ce qu’on leur offre –, confiant dans la sainte Providence et allant sur les routes prêcher Jésus-Christ.

« Ils feront des conversions immenses, non seulement en Europe, mais, après la mort de saint Dominique, dans tous les pays du monde, et en particulier en Amérique du Sud et en Amérique centrale. Les Dominicains ont été de très grands missionnaires.

« On peut résumer cette spiritualité de saint Dominique en deux mots qu’il exprimait lui-même d’ailleurs : les membres de son Ordre devront être cum Deo et de Deo (avec Dieu et de Dieu). Petites formules simples, comme les emploiera son fidèle disciple saint Thomas d’Aquin, membre aussi de sa société.

« Cum Deo et de Deo ! De Deo, parce qu’ils se veulent de Dieu tout entiers ; cum Deo, parce qu’ils veulent être unis à Dieu, unis en Dieu ; précisément par cette prière, par la contemplation, ils devront être unis à lui d’une manière permanente, continuelle, fervente ; ils devront brûler de l’amour de Dieu, afin de pouvoir convertir les âmes, afin de communiquer Dieu aux âmes. Voilà l’idéal que saint Dominique a eu pour ses apôtres, pour ses disciples. »

Dans l’histoire de l’Eglise, quatre dominicains sont devenus papes : les bienheureux Innocent V (1225-1276) et Benoît XI (1240-1304), saint Pie V (1504-1572), et le serviteur de Dieu Benoît XIII (1649-1730).