Kurdistan : la banlieue chrétienne d’Ankawa devient un district

19 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news

L’annonce a été faite par le Premier ministre Barzani lors d’une visite dans la région. Cette décision a été officialisée après les élections parlementaires irakiennes du 10 octobre.

Ankawa, la banlieue chrétienne d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, qui a accueilli par le passé des milliers de familles chrétiennes ayant fui Mossoul et la plaine de Ninive en raison de la montée en puissance de l’Etat islamique (EI) est désormais un district administratif à toutes fins utiles.

Cette décision a été annoncée par Masrour Barzani, premier ministre de la région autonome du nord de l’Irak, lors d’une visite dans la région le 4 octobre.

Il s’agit d’une reconnaissance importante, saluée par l’archevêque de la capitale kurde : « C’est une décision très importante », a déclaré Mgr Bashar Matti Warda, et un geste « stratégique » pour maintenir la présence chrétienne dans la région et investir dans sa communauté.

La décision d’accroître le degré d’autonomie et de représentativité de ce qui était autrefois une banlieue chrétienne est partagée par le ministère de l’Intérieur du Kurdistan, le gouverneur d’Erbil et le conseil provincial local.

Sous ce nouveau nom, Ankawa passe sous le « contrôle administratif » de ses habitants chrétiens, dont la plupart fuient les persécutions de la plaine de Ninive, d’Irak et de Syrie, et deviendra « le plus grand district chrétien du Moyen-Orient ».

Du sous-district au district à part entière, donc, avec des habitants pouvant élire des fonctionnaires et des représentants, leurs administrateurs, prendre le contrôle de la sécurité et bénéficier, contrairement au passé, d’un maire à « autorité directe ».

Pour les plus hauts responsables du Kurdistan, qui avaient déjà ouvert leurs portes aux chrétiens par le passé lors de la montée d’Isis, l’objectif est de montrer à la communauté internationale que la région est sûre pour les chrétiens – et pour les autres habitants – attirant ainsi des investissements et des opportunités de développement en termes économiques.

Lors de sa visite, M. Barzani a parlé d’Ankawa comme d’un foyer de « coexistence sociale et religieuse » et d’un « lieu de paix ». « Elle est devenue un centre pour nombre de nos frères et sœurs chrétiens qui ont dû quitter leur lieu ou leur région d’origine pour diverses raisons », a-t-il poursuivi.

Cette nouvelle a été accueillie avec joie et satisfaction par les habitants eux-mêmes, qui ont utilisé les réseaux sociaux pour souligner qu’au Kurdistan irakien « tous les groupes religieux et ethniques peuvent bénéficier de droits et de la citoyenneté » dans « le respect et la pleine liberté ».

L’officialisation de la décision d’accorder le contrôle administratif à Ankawa, où se trouvent plusieurs églises et une université catholique, ainsi qu’un séminaire, a été officialisée après les élections parlementaires irakiennes prévues le 10 octobre.

L’archevêque chaldéen d’Erbil a rappelé comment les chrétiens avaient souvent été victimes dans le passé de « dommages collatéraux » de décennies de violence sectaire. Leur condition s’était aggravée avec la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, mais « ils ont trouvé à Ankawa un lieu de coexistence et de prospérité économique et sociale ».

Mgr Warda a réitéré l’appel à rester en Irak et au Kurdistan : « Nous essayons, a déclaré le prélat à Kurdistan24, de mettre en œuvre de nombreux projets tels que des écoles, des universités et des hôpitaux. […] Notre confiance dans l’avenir du Kurdistan nous pousse à encourager les chrétiens non seulement à rester, mais aussi à investir dans cette région. »

C’est évidemment une grande satisfaction de voir cette accueil fait par le Kurdistan aux chrétiens irakiens pour leur permettre de rester dans leur pays sanctifié par la foi de leurs ancêtres.