La Chine récompense la dénonciation d’activités chrétiennes “illégales”

27 Août, 2021
Provenance: fsspx.news

Un système de récompense a été mis en place dans le Heilongjiang, province du nord-est de la Chine, pour le signalement de « crimes » liés à la pratique religieuse. Chaque signalement par téléphone, courriel ou lettre peut être récompensé par une somme pouvant aller jusqu’à 130 euros.

Depuis le début du mois d’août, dans le district de Meilisi Daur, dans la ville de Qiqihar, dans la province de Heilongjiang, au nord-est du pays, le « système de récompense pour le signalement de crimes liés à des activités religieuses illégales » est en vigueur.

Selon le China Christian Daily, chaque dénonciation peut recevoir une récompense variable allant jusqu’à mille yuans (environ 150 dollars). Le but affiché est de réprimer les « activités religieuses illégales ».

Ce nouveau règlement s’ajoute à la mise en place d’un « big brother » sur la pratique de la foi, les amendes imposées aux évêques pour la célébration de messes et la destruction d’églises, pour ne citer que quelques cas récents.

Mais les promoteurs veulent rassurer : ce renforcement du contrôle « des activités religieuses illégales dans le district" est destiné à prévenir « d’éventuels “clusters” de Covid-19 ». Nous voilà rassurés.

De plus, les « activités illégales » sont également visées, dans le but de « garantir un paysage religieux harmonieux et stable ». Ce qui est encore plus beau comme prétexte. Voilà que le Parti communiste chinois (PCC) se soucie de l’harmonie et de la stabilité du « paysage religieux ».

On l’aura compris, du coronavirus au besoin de stabilité, tous les prétextes sont bons pour s’attaquer à la libre pratique de la religion, surtout en ce qui concerne les chrétiens. Car, pour le PCC, la stabilité de la religion coïncide avec sa disparition.

La nouvelle loi concerne également ceux qui placent du matériel religieux à l’extérieur des lieux de culte, encouragent les dons « non autorisés » de biens ou d’argent ou distribuent des imprimés et des publications.

Les signalements peuvent être effectués par téléphone, par courriel ou par lettre écrite et peuvent être anonymes. Ce système est déjà utilisé dans d’autres régions de Chine, comme le district de Boshan dans le Shandong, et finit par affecter principalement les églises dites de maison.

Ces « églises de maison » sont des églises non enregistrées et plus ou moins clandestines en Chine. Elles comportent de nombreuses églises évangéliques – il y aurait 35 millions de protestants clandestins – et 37% des catholiques chinois, soit 3,3 millions de fidèles.

Le système de délation est profondément ancré dans les gènes du communisme, et il se retrouve dans tous les pays où il s’est trouvé en position de force. Il a ainsi fait des ravages en URSS, en Chine, à Cuba, dans la Corée du Nord ou encore au Vietnam.

Il est aujourd’hui particulièrement facilité par les moyens électroniques de surveillance de la population. Il reste toujours aussi abject, et un moyen efficace de se débarrasser de ses ennemis, grands ou petits, dans les dictatures communistes.