La crèche de Noël : un danger pour la laïcité ?

26 Septembre, 2017
Provenance: fsspx.news

« Il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » (Luc 2, 7) L’installation d’une crèche de Noël à l’intérieur de l’Hôtel départemental de Vendée pourrait bien à nouveau être validée par la justice. La cour administrative d’appel de Nantes s’est une nouvelle fois penchée, mardi 19 septembre, sur un dossier qui avait suscité la polémique il y a trois ans.

Saisi par la Fédération de la Libre Pensée (FLP), le tribunal avait annulé en 2014 « la décision implicite du président du Conseil général refusant d'exercer ses pouvoirs pour interdire » la crèche de la Nativité.

Dans le hall d’accueil du Conseil général de Vendée, la place occupée jadis tous les ans, au mois de décembre, par une crèche de Noël est désormais vide. Selon l’analyse du juge administratif qui avait statué en première instance sur cette affaire, la crèche de la Nativité constituait un « emblème religieux » incompatible avec le principe de « neutralité » du service public.

Trois années ont passé. Le rapporteur public préconise aujourd'hui l’annulation du jugement rendu le 14 novembre 2014 par le tribunal administratif de Nantes, qui avait interdit cette crèche au nom du principe de la laïcité contenu dans la loi de 1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat.

Il a demandé à la cour d’autoriser cette crèche de Noël, qui « n’est pas accompagnée d’inscription quelconque, ni croix, ni crucifix, ni couronne ». « Il n’y a pas de bondieuserie », a souligné à l’audience le rapporteur.

La réinstallation de la crèche pourrait donc être bientôt validée. D’une part, car l’avis du rapporteur est souvent suivi ; d’autre part, car il semble aller dans le sens de la jurisprudence fixée récemment par la plus haute autorité administrative française, ainsi que l'explique Bernard Gorce dans le journal La Croix du 20 septembre dernier.

Pour le Conseil d’Etat, la crèche de Noël est une tradition à la fois culturelle et religieuse : il revient donc au juge d’apprécier, au cas par cas, dans quel contexte est réalisée l’installation dans un bâtiment public. Il fixe pour cela quelques critères : s’il existe une tradition locale, si la crèche ne constitue pas « un acte de prosélytisme ou de revendication d’une opinion religieuse », mais est réalisée dans un esprit festif ou artistique, alors elle ne porte pas atteinte à la laïcité.

Même si la pauvre crèche peut espérer trouver un strapontin dans le hall d’accueil du Conseil général de Vendée, l’analyse du Conseil d’Etat manque singulièrement de perspective : si la crèche constitue une « tradition à la fois culturelle et religieuse » c'est en raison même de l'Evangile, vecteur de la foi qui, par nature, façonne une culture et tout un pays. En d'autres termes, gommez la religion de l’Evangile, la civilisation recule, la barbarie apparaît.