La fin de vie au cœur des débats en Espagne et au Portugal

31 Mars, 2021
Provenance: fsspx.news

Le débat sur la légalisation de l’euthanasie est au centre de l’actualité dans plusieurs pays de la Communauté européenne : alors que l’Espagne vient de dépénaliser l’aide à mourir, la plus haute juridiction du Portugal vient de retoquer un semblable projet de loi.

Un répit accordé au Portugal…

Peut-on y voir une intervention de la Vierge de Fatima en faveur de sa terre d’adoption ? De leur côté en tout cas, c’est avec soulagement que les évêques portugais ont accueilli l’arrêt de la Cour constitutionnelle du 15 mars 2021, rejetant à une courte majorité de sept voix sur douze, le projet de loi sur l’euthanasie adopté par le Parlement le 29 janvier dernier.

« La position adoptée par l'Eglise tout au long de ce processus, a été d’affirmer à temps et à contretemps que la vie humaine demeure inviolable. Toute légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté est contraire à l'affirmation de la dignité de la personne humaine et à la Constitution de la République portugaise », rappelle sobrement la Conférence des évêques du Portugal (Cep) dans un bref communiqué.

Après son adoption au Parlement, le chef de l’Etat lusitanien, Marcelo Rebelo de Sousa, avait transmis la loi à la Cour constitutionnelle. C’est cette dernière qui vient de frapper le texte législatif d’inconstitutionnalité, constatant l’absence de « règles claires, précises et contrôlables » entourant la pratique du suicide assisté.

Retoqué, le texte doit repartir devant les députés : les défenseurs du droit à la vie ont remporté une bataille qui n’est pas négligeable, même si la guerre est loin d’être gagnée.

… mais pas à l’Espagne

L’Espagne voisine ne suit pas le même chemin : le Congrès des députés a définitivement adopté, par 198 voix contre 142, la loi qui rend désormais légale l’euthanasie au-delà des Pyrénées.

La nouvelle législation espagnole, qui doit entrer en vigueur en juin prochain, autorise aussi bien l’euthanasie – c’est-à-dire lorsque le soignant provoque la mort du patient – que le suicide médicalement assisté – lorsque le patient prend lui-même la dose prescrite.

L’Espagne devient ainsi le quatrième pays européen et le sixième dans le monde à permettre à un patient atteint d’une maladie incurable, de recourir à l’euthanasie.

L’épiscopat espagnol déplore profondément la décision du Parlement : « peut-on considérer comme ‘évoluée’ une société qui pousse les malades à mettre fin à leur existence ? », s’interroge le cardinal Juan Jose Omella, président de la Conférence des évêques d’Espagne (Cee).

Le premier ministre espagnol, qui dirige une coalition hétéroclite allant des socialistes aux marxistes-léninistes, s’est réjoui de l’adoption du texte grâce auquel, selon lui, l’Espagne devient « un pays plus humain, plus juste, et plus libre » : un tweet qui permet de se demander si les mots ont encore un sens, lorsque l’humanité et la liberté se mesurent à la mort donnée ou auto-infligée.