La “Propaganda Fide” souffle ses quatre cents bougies

17 Janvier, 2022
Provenance: fsspx.news

Le 6 janvier 1622, en la fête de l’Epiphanie, le pape Grégoire XV fondait un super-ministère spécialement dédié à la conversion des infidèles dans les nouveaux mondes conquis par les grands explorateurs catholiques des XVe et XVIe siècles.

Quatre cents ans plus tard, plus d’un millier de circonscriptions ecclésiastiques dépendent d’un dicastère qui demeure central dans l’organigramme du Saint-Siège, malgré les coups de boutoir donnés à l’évangélisation, dans le sillage des réformes post-conciliaires.

L’idée avait d’abord germé dans l’esprit du pape Grégoire XIII qui avait décidé de former une commission autour de trois cardinaux – Caraffa, Médicis, et Santorio – afin de promouvoir l’unité entre Rome et les schismatiques orientaux dits « orthodoxes ».

Mais c’est le 6 janvier 1622 qu’un pas supplémentaire devait être franchi par Grégoire XV, lorsqu’il décida de fonder un nouveau ministère romain voué à la propagation de la foi dans les territoires nouvellement découverts.

Quelques jours après cette décision historique, les treize cardinaux formant le noyau dur de la sacrée Congrégation de propaganda fide, se réunissaient le 14 janvier 1622, dans la demeure du nouveau préfet, Antonio Sauli.

Les hauts prélats rédigent alors en hâte, à la lueur des cierges, une lettre enjoignant les différents représentant du Saint-Siège dans les territoires de mission, d’envoyer au nouveau dicastère romain un rapport circonstancié sur la situation de la vraie religion dans leurs territoires respectifs, et de proposer des moyens concrets afin de propager l’Evangile.

Quelques mois plus tard, le pape publiait la bulle Inscrutabili divinae Providentiae arcano, par laquelle était solennellement rappelée la feuille de route de la Propaganda Fide : « employer tous ses soins, tous ses efforts, pour amener les âmes au Christ ».

La Congrégation recevait en même temps le pouvoir de décision nécessaire afin d’assurer la rapidité et l’efficacité exigée par son devoir d’évangélisation.

En 1627, le pape Urbain VIII poursuivait l’œuvre de son prédécesseur en fondant le Collège urbain de Propaganda Fide, destiné à la formation du clergé séculier pour les missions, et l’Imprimerie polyglotte, ayant vocation d’imprimer les textes sacrés ou magistériels dans les différentes langues des peuples à évangéliser.

La Congrégation a rapidement été établie au sein du Palazzo Ferratini, donné par Juan Bautista Vives, au sud de la Place d’Espagne. Deux des figures artistiques les plus importantes de la Rome baroque ont été impliquées dans le développement de cet important complexe architectural : le sculpteur Gianlorenzo Bernini et l’architecte Francesco Borromini.

A l’instar du Palazzo Propaganda Fide, la Congrégation a subi les affres du temps, notamment celles de l’aggiornamento conciliaire. En 1967, le dicastère change de nom pour devenir la Congrégation pour l’évangélisation des peuples et propage un faux œcuménisme.

Malgré tout, le dicastère fondé en janvier 1622 demeure l’un des plus puissants dans l’organigramme du Saint-Siège : ayant sous sa responsabilité les territoires de mission, soit un très gros tiers des diocèses du monde, gérant les importants fonds récoltés pour les Œuvres pontificales missionnaires, la Congrégation pour l’évangélisation des peuples est si importante qu’elle vaut à son préfet, qui a toujours porté la pourpre cardinalice, le surnom de « pape rouge ».

Depuis le 8 décembre 2019, c’est l’archevêque de Manille (Philippines), le cardinal Luis Antonio Tagle, qui a été nommé par le pape François à la tête de la Congrégation. Promoteur de la collégialité épiscopale introduite à Vatican II et sur laquelle il a rédigé sa thèse, réformateur dans la ligne de l’actuel pontife romain, le haut prélat philippin fait désormais figure de papabile