La Russie orthodoxe et le catholicisme romain (3)

30 Avril, 2022
Provenance: fsspx.news

L’acte de consécration de la Russie du pape François, le 25 mars 2022, amène à s’interroger sur la façon dont il est perçu par les orthodoxes russes.

Les deux premières parties de cet article ont considéré d’abord le contexte historique, politique et religieux, puis l’attitude des orthodoxes russes vis-à-vis d’une conversion à l’unité catholique. La deuxième partie a montré que les Russes ne voient pas l’utilité de la consécration de leur pays au Cœur Immaculé de Marie, puisqu’ils reconnaissent déjà la Vierge comme la Mère de Dieu, et par conséquent ils s’excluent du message de Fatima.

Le message de Fatima plus que jamais actuel

En conséquence, pour l’heure, « la Russie ne s’est pas convertie et croupit dans la corruption morale et le péché qui dominent le monde. L’Occident non plus ne s’est pas converti. Il n’a pas non plus tenu compte du message de Fatima, alors qu’il avait tant à y gagner.

« Si le message de Fatima n’avait pas été rejeté, l’appel universel de la Vierge à la prière, à la pénitence et au changement de vie aurait donné lieu à des merveilles qui auraient transformé le monde. »

Il faut donc admettre que « l’Orient et l’Occident n’ont pas tenu compte du message de Fatima. Le monde entier a besoin d’être converti, car l’erreur domine encore partout. L’Est et l’Ouest ont adopté une position qui n’a rien à voir avec Fatima, par laquelle ils embrassent un monde moderne en proie au péché. »

Dans la même ligne, Riccardo Cascioli demande dans La Nuova Bussola Quotidiana, le 28 mars, que l’acte de consécration ne soit pas rendu vain. Selon lui, « il risque de rester un épisode isolé, si nous ne comprenons pas que nous sommes les premiers à qui il est demandé de nous convertir, de revenir à Dieu. […]

« Pour qu’il ne soit pas compris comme un rite magique, l’acte de consécration engage chacun de nous dans la conversion, il exige notre volonté de “nous laisser réconcilier avec Dieu”, comme le soutient saint Paul aux Corinthiens [2 Co 5, 20]. »

Et de préciser : « cela concerne tout le monde : les gouvernements russe et ukrainien, l’OTAN, l’Union européenne et tous ceux qui participent à ce “jeu”. […] L’Ukraine se plaint à juste titre des agressions russes et a le droit de se défendre ; mais la Russie peut à juste titre se plaindre des provocations de l’OTAN ; et les anciens pays du Pacte de Varsovie ont toutes les raisons de craindre le nouvel expansionnisme russe et de demander le parapluie de l’OTAN, etc. […]

« L’histoire est un enchevêtrement de torts et de raisons, et on ne peut s’en sortir qu’en changeant de perspective, en sortant de la logique de l’ennemi, de l’illusion que le monde serait meilleur sans tel ou tel homme, sans tel ou tel peuple. Nous ne pouvons nous en sortir qu’en revenant à Dieu, et à commencer par nous-mêmes. »

Le message de Fatima reste donc d’une grande actualité. Dans son entretien avec Diane Montagna, déjà cité, Mgr Schneider affirme : « Nous devons espérer que la consécration de la Russie hâtera le triomphe du Cœur Immaculé de Marie, qui consistera en un authentique renouveau de la vie de l’Eglise catholique, c’est-à-dire en une nouvelle splendeur de la pureté de la foi catholique, du caractère sacré de la liturgie et de la sainteté de la vie chrétienne.

« Enfin, nous devons espérer que la consécration de la Russie hâtera une ère de paix pour l’humanité. Cependant, la paix véritable et durable au sein de la société humaine ne sera établie que si le Christ règne sur la société humaine. Comme l’écrivait le pape Pie XI : “Il apparaît ainsi clairement qu’il n’y a de paix du Christ que par le règne du Christ, et que le moyen le plus efficace de travailler au rétablissement de la paix est de restaurer le règne du Christ” (Encyclique Ubi arcano, 49). » 

Dès lors, « prière et pénitence » demeurent les mots d’ordre de Notre Dame que les catholiques doivent suivre fidèlement, comme le rappelait le communiqué de la Maison générale du 19 mars :

« La Fraternité Saint-Pie X met plus que jamais sa confiance dans la récitation du rosaire et dans la pratique de la pénitence. Elle prie à un titre particulier pour la paix dans le monde, toujours plus convaincue que les nations ne trouveront la concorde que par une conversion véritable au Christ-Roi, par le Cœur Immaculé de Marie. »