La sainteté entre écologie et statistiques : une analyse

09 Novembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Le cardinal Pietro Parolin à la COP26, entre Boris Johnson, Premier ministre du Royaume-Uni, et Antonio Gutteres, secrétaire général des Nations Unies

Ces derniers jours ont livré des statistiques sur la situation de l’Eglise en Europe et dans le monde, pointant le déclin des vocations et de la vie religieuse.

En Asie et en Afrique, l’apparente lenteur de la croissance du catholicisme doit être mise en relation avec l’augmentation de la population, et la croissance limitée des vocations en proportion de celle-ci. Quant à la situation statistique de l’Eglise en Europe, elle vaut à peine le souci d’en parler.

Statistiques et objectifs

Les “conservateurs” se plaignent de cet état de fait, et se retrouvent même à nier les succès apparents mais superficiels du pontificat de Wojtyla, déclarant la myopie du Pape et de la hiérarchie face à cet échec de la “tactique” postconciliaire.

Selon eux, la hiérarchie voulait retenir les masses en se rapprochant du monde, pour découvrir après l’inanité de la tentative et persister dans la même voie. Bref, une troisième et une quatrième dose de progressisme n’a pas résolu la “pandémie” d’apostasie qui vide les églises d’Europe et d’ailleurs.

Cette interprétation “conservatrice” paraît erronée sur un point fondamental. Elle considère comme acquis que le but du rapprochement avec le monde est toujours d’« amener les gens à l’Eglise », peut-être pour susciter des vocations et faire fleurir une certaine forme de vie catholique.

Glasgow ou les véritables objectifs de la nouvelle religion

L’implication du Saint-Siège sur d’autres fronts devrait aider à faire prendre conscience que tout cela n’a plus d’importance depuis longtemps, selon les orientations et les apports d’en haut. Sans doute, cela compte pour un évêque ou un curé ou un autre prêtre ou religieux. Mais pour ceux qui suivent la ligne, les objectifs sont très différents.

La réunion de la Cop26 à Glasgow, à laquelle le Saint-Siège a consacré toutes ses énergies, agissant en tant que président du Parlement des religions qui a présenté ses propositions et ses engagements à ce forum, nous dit tout autre chose.

Il est difficile de minimiser l’importance d’un tel événement, qui unit les nouveaux objectifs de la hiérarchie à l’œcuménisme le plus profond, celui de l’action concertée des religions pour le bien de la “maison commune”, qui exclut tout intérêt surnaturel et toute considération de la Vérité révélée.

Le cardinal Pietro Parolin, qui a lu le message du pape à Glasgow, a expliqué avec simplicité ce à quoi ils s’engagent désormais : l’adoption d’une part d’une « stratégie de zéro émission nette », en ce qui concerne l’Etat de la Cité du Vatican, d’ici 2050.

D’autre part, en ce qui concerne l’Eglise dans son ensemble, la promotion d’une « éducation à l’écologie intégrale » qui encourage de nouveaux comportements et un nouveau « modèle culturel de développement centré sur la fraternité » et sur l’alliance entre l’homme et la nature. Un engagement éducatif, dit le Pape, qui voit une large convergence des représentants de nombreuses confessions et traditions religieuses ayant signé un appel commun le 4 octobre dernier :

« Des voix différentes ayant des sensibilités différentes. Mais ce que l’on a pu percevoir clairement a été une forte convergence de tous à s’engager face à la nécessité urgente d’entamer un changement de cap capable de passer de façon résolue et convaincue de la “culture du déchet” dominante dans notre société à une “culture du soin” de notre maison commune et de ceux qui y habitent ou qui y habiteront. »

Un appel

Il faut le rappeler à ceux qui entrent dans les séminaires modernes des cinq continents, qu’ils soient en augmentation ou en diminution, s’ils sont encore de bonne foi : ils deviendront les rouages d’une propagande écolo-panthéiste qui portera ce message utile aux masses pour la « maison commune ».

C’est du moins ce pour quoi ils seront principalement formés, là où les directives du Vatican sont vraiment bien suivies. Les témoignages de tant de bons prêtres dans les paroisses, victimes du système moderniste, nous le disent. Les directives diocésaines ne parlent que de cela depuis longtemps.

Que faire ? Se laisser former dans cet esprit de “service” – ou plutôt d’asservissement – au monde et à ses exigences ? Se soumettre aux directives de la paroisse pour tenter de faire un bien partiel ?

Le clergé, en particulier, doit avoir le courage de faire un véritable saut, une adhésion intégrale à la Tradition de l’Eglise et à ses dogmes, au risque de perdre le consensus du monde et de ses supérieurs.

Les jeunes gens qui ont encore une vocation sincère au sacerdoce catholique, en revanche, sont appelés à trouver cette formation sacerdotale intégrale pour la sauvegarde de laquelle Monseigneur Lefebvre a sacrifié tout l’honneur ecclésiastique.

Ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible de servir véritablement et sans illusions la cause de l’Eglise romaine et du Christ-Roi, et non celle d’un monde qui s’est déifié.