La souffrance de l’enfant à naître

16 Novembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Maureen Condic, auteur de l’étude

L’une des grandes discussions qui entoure la question de l’avortement est celle de la souffrance du fœtus. Un célèbre film-documentaire, sorti en 1984, intitulé Le cri silencieux, et réalisé par Bernard Nathanson, un avorteur repenti devant les images qu’il avait constatées, a été l’objet de polémiques passionnées.

Certains, comme le Pr. Etienne-Emile Beaulieu, connu pour la mise au point du RU 486, ce « pesticide humain » selon le Pr. Lejeune, l’avait qualifié d’escroquerie scientifique. Des gynécologues connus l’avaient fermement défendu. Mais aujourd’hui, avec les récentes connaissances acquises dans divers domaines, une certitude s’impose sur la réalité de la souffrance fœtale.

Résumé d’un article de Maureen Condic, professeur agrégée de neurobiologie à l’université de l’Utah (Etats-Unis), travaillant aussi pour l’Institut Charlotte Lozier (pro-vie).

Des preuves scientifiques démontrent la réalité de la douleur fœtale

Les progrès scientifiques ont ainsi permis de clarifier quelles structures du cerveau sont nécessaires pour que le fœtus puisse ressentir la douleur.

Les scientifiques s’accordent depuis longtemps et de manière quasi universelle sur le fait que les connexions entre la moelle épinière du fœtus et le cerveau se forment entre 12 et 18 semaines. Mais des preuves croissantes montrent que ces connexions, qui se développent assez tard, ne sont pas nécessaires pour ressentir la douleur : il est admis que le fœtus peut ressentir et ressent effectivement la douleur dès le début du deuxième trimestre, soit entre 12 à 14 semaines.

L’un des spécialistes de la matière, Stuart Derbyshire, était l’un des deux seuls neuroscientifiques qui rejetait la possibilité d’une douleur fœtale avant 22 semaines dans un rapport américain célèbre. Mais, face à l’accumulation de preuves scientifiques du contraire, il a abandonné sa position antérieure.

Derbyshire soutient maintenant que « les preuves, et une lecture équilibrée de ces preuves, indiquent une expérience immédiate et irréfléchie de la douleur, grâce aux fonctions en développement du système nerveux, dès l’âge de 12 semaines ».

Une démonstration par paliers

Il y a cinq manières de prouver que la liaison entre le cortex – la partie supérieure du cerveau – et la moelle épinière, n’est pas nécessaire à la perception de la douleur. Ainsi, de multiples études démontrent que les animaux et les humains souffrent même si le cortex cérébral est altéré, immature ou absent.

L’ablation totale du cortex chez des mammifères tels que les chats et les rongeurs n’efface pas leur réponse aux stimuli douloureux ; de même, les enfants nés sans la totalité ou la majeure partie du cortex sont conscients et perçoivent la souffrance et la douleur.

Quatre autres sources de données démontrent que les sentiments et les émotions du fœtus apparaissent bien avant que les circuits corticaux ne soient établis. Des études montrent que le cortex n’est pas responsable de l’émergence des émotions humaines. Ce sont plutôt des régions du cerveau qui se développent plus tôt, comme le thalamus, qui sont présentes dès la douzième semaine de gestation, qui peuvent soutenir la conscience et les émotions.

Des études d’imagerie cérébrale et de stimulation cérébrale menées sur des animaux et des humains montrent que la perte de conscience et de perception de la douleur est associée à la suppression de la fonction thalamique. Les preuves expérimentales de suppression de régions spécifiques du cerveau réfutent également l’affirmation selon laquelle la souffrance nécessite une activité corticale.

Enfin, trois séries d’observations factuelles des réactions du fœtus et du nouveau-né à des stimuli fournissent des preuves directes et irréfutables de la sensibilité du fœtus aux stimuli douloureux.

En premier lieu, les fœtus mis au monde prématurément – dès la 21e semaine – présentent des comportements liés à la douleur, et plus ils sont jeunes, plus ils sont forts. Cette observation suggère que les circuits corticaux qui se développent plus tard, modèrent ou même inhibent la souffrance.

Conformément à ces observations, un examen récent des preuves a conclu que, à partir de 13 semaines, « le fœtus est extrêmement sensible aux stimuli douloureux », ce qui rend « nécessaire l’application d’une analgésie adéquate pour prévenir la souffrance [fœtale] » en cas de chirurgie intra-utérine.

En deuxième lieu, des analyses récentes de la littérature indiquent que la présence dans l’utérus n’a aucun effet anesthésiant et que, par conséquent, comme dans le cas d’un enfant prématuré, un fœtus peut être réveillé par des stimuli douloureux.

Enfin, et c’est le plus fort, des observations échographie en 4-D confirment que le fœtus réagit aux stimuli douloureux. Une étude publiée en janvier 2021 démontre que les fœtus de 29 semaines qui subissent une injection d’anesthésiant avant une intervention chirurgicale [intra-utérine] font des gestes faciaux (grimaces, etc.) qui sont spécifiquement associés à une expérience de la douleur.

Ces gestes associés à la douleur ne se produisent ni lorsque le fœtus est au repos ni après un stimulus « surprenant » comme un bruit important. Une étude de cas réalisée en juin 2021 a reproduit ces résultats chez un fœtus encore plus jeune, de 21 semaines.

Alors que les expressions faciales révèlent l’expérience de la douleur chez les personnes dont la capacité à communiquer verbalement est limitée, comme les jeunes enfants, les personnes atteintes de démence et de nombreuses espèces animales, ces réponses ne se produisent pas chez les patients inconscients, autrement dit, dans le coma.

Le fœtus ne se contente donc pas de « réagir à la douleur de manière inconsciente et réflexe », mais communique « une expérience consciente de la souffrance par le biais d’un langage universel de la douleur ».

Conclusion

En résumé, les douze sources de preuves résumées ici soutiennent les conclusions suivantes :

(a) contrairement à l’hypothèse d’associations professionnelles de médecins, une connexion entre le thalamus et le cortex n’est pas nécessaire pour qu’un fœtus soit conscient et éprouve de la souffrance ;

et (b) un fœtus est probablement conscient et capable d’appréhender la douleur à 18 semaines ou avant – et peut-être dès 12 semaines.

Ce qui suppose une terrible souffrance lorsque cet enfant est mis à mort par la volonté de ceux qui l’ont engendré.

Il reste à savoir comment ces conclusions seront reçues dans les milieux pro-avortement, et comment la vérité sera tenue éloignée des femmes qui veulent se faire avorter.

Mais quant aux autres femmes, ces mères courageuses, elles n’avaient pas besoin de cet apparat scientifique pour le savoir au plus profond de leur cœur : cet enfant qu’elles portent, dès qu’elles le sentent bouger, est bien vivant et peut ressentir des émotions, elles n’en peuvent douter.