La subversion par le « genre »

14 Mars, 2014
Provenance: fsspx.news

Marguerite A. Peeters, directrice de l’Institut pour les dynamiques du dialogue interculturel et spécialiste de la « nouvelle éthique » et de la « gouvernance mondiale », dénonce la 'théorie du genre' dans un article publié le 3 mars 2014 par L’Osservatore Romano, le quotidien du Vatican.

La spécialiste belgo-américaine se propose de démasquer trois mythes à propos de la révolution du genre. Car c’est une « révolution accomplie par la subversion du genre » écrit-elle, qui a une double origine : un projet homosexuel et un « féminisme radical ». Leur élément commun est de considérer les données anthropologiques fondamentales – l'identité de l'homme et de la femme, leur complémentarité, la vocation nuptiale, le mariage, la famille, la paternité et la maternité etc. – comme autant de « constructions sociales (ou stéréotypes) discriminatoires et contraires à l'égalité et aux libertés civiles, en particulier pour les femmes et les homosexuels. » Ces « stéréotypes » doivent donc être systématiquement détruits et la personne humaine déconstruite par l’éducation, la culture et la loi pour engendrer une « nouvelle humanité libérée ». En second lieu, elle affirme que le « gender » n’est pas une théorie capable de séduire uniquement certaines populations ou majorités parlementaires, comme en France avec la loi du mariage pour tous. Au contraire, depuis qu’elle est devenue une norme politique universelle aux Nations Unies, en 1995, elle est « l’une des priorités transversales du gouvernement mondial » qui « nous affecte tous ». La conférence de Pékin de 1995 a fait de la perspective du genre une norme politique et culturelle mondiale effective. Le gender equality (l’égalité des sexes) est devenue une priorité de la coopération internationale. Enfin, la théorie du genre n’est pas née d’hier, précise cette spécialiste. Elle s’insère dans un long processus de révolution culturelle occidentale dont l’origine remonte au XVIIIe siècle et dont le concept idéologique se développe depuis les années 1950. Et d’ajouter : « La vague assassine d’un tsunami n’est perçue que lorsqu’elle arrive près des côtes ».

A propos de son ouvrage La mondialisation de la révolution culturelle occidentale : concepts-clefs, mécanismes opérationnels, Marguerite A. Peeters répondait en mars 2008 aux questions de Zenit : « Comme tous les concepts postmodernes, le gender opère une double déconstruction : d'une part celle du dessein de Dieu, et d'autre part celle des abus de la modernité ». L’auteur précise que « l'aspect le plus préoccupant de la révolution culturelle mondiale et de l'ingénierie sociale qu'elle opère à une vitesse foudroyante est son lien direct avec l'apostasie. » Face à cela il n’y a qu’une seule réponse, urgente : annoncer le Christ, l’Evangile et la doctrine sociale de l’Eglise, ajoute-t-elle. Marguerite A. Peeters a fondé l’Institut pour les dynamiques du dialogue interculturel (Institute for Intercultural Dialogue Dynamics) à Bruxelles (Belgique) – spécialisé dans l’étude de la mondialisation, de ses concepts-clefs et de ses mécanismes opérationnels. Elle est également l’auteur de Le gender, une norme mondiale ? Outil de discernement, Mame, 2013, et a été nommée membre des consulteurs du Conseil pontifical de la culture par Benoît XVI, le 9 décembre 2011.