L’archevêque de Lima affirme que Jésus était un laïc

31 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Les splendides voûtes de la cathédrale de Lima, qui ont dû souffrir les hérésies de l’évêque

Mgr Carlos Castillo Mattasoglio, archevêque de Lima, au Pérou, a affirmé le 19 décembre 2021, au cours d’une messe, que Jésus était un laïc, et que sa mort n’était pas un sacrifice.

Des propos plus que surprenants

Voici ses propres mots : « Et Jésus ne meurt pas en offrant le sacrifice d’un holocauste, Jésus meurt comme un laïc assassiné ; il décide de ne pas répondre par la vengeance et il accepte la croix pour nous donner un signe de vie », a déclaré l’archevêque lors de la messe dans la cathédrale de Lima.

Il a ajouté : « Et il meurt en tant que laïc qui donne de l’espoir à l’humanité, il meurt en tant qu’être humain comme vous tous qui êtes présents ici, nous aussi, parce que nous ne pouvons pas être prêtres sans être d’abord baptisés laïcs. »

Pour tâcher d’expliquer ses dires, Mgr Castillo a précisé que « laïc vient de laos, qui signifie peuple. Et Dieu a voulu sanctifier son peuple, et si nous sommes ici, c’est pour le servir. » Le prélat a rappelé que Dieu avait promis à Israël que de son peuple « sortirait un rejeton qui serait le Sauveur ».

« Le peuple pauvre d’Israël, celui qui ne compte pas, l’a pris à cœur, tandis que les prêtres ont estimé qu’ils devaient accomplir la promesse », qu’il devait assumer leur rôle, mais « ce n’était pas eux qui allaient représenter le salut, mais un laïc, un laïc comme les rois qui étaient des laïcs, de la tribu de Juda », a poursuivi Mgr Castillo.

« Je le dis aussi pour nos collègues prêtres ici présents. Nous sommes les serviteurs du peuple de Dieu, pour que de vous (le peuple) surgisse quelqu’un qui soit l’espérance, tout comme Jésus est l’espérance », a conclu l’évêque.

Une doctrine franchement hétérodoxe

Si l’on cherche à donner un sens orthodoxe aux propos de l’archevêque de Lima, il n’y a guère qu’une possibilité : « Jésus meurt comme un laïc selon l’Ancien Testament », et « Jésus ne meurt pas en offrant un sacrifice de l’Ancien Testament ». Par ces précisions, les phrases peuvent être acceptables.

Mais ces deux propositions sont absolument évidentes, et n’aident en rien pour la compréhension du Christ, de sa mission et de son sacrifice. Car le Christ est le Souverain prêtre du Nouveau Testament. Et la mort du Christ est un sacrifice : c’est le seul et unique sacrifice de la Nouvelle Alliance.

Le sacerdoce du Christ se trouve explicitement affirmé dans la révélation : dans les prophéties de l’ancien Testament et par l’auteur de l’épître aux Hébreux. Cf. Mt 22, 43, et Ps 109. Aussi tous les théologiens sont-ils unanimes à affirmer que le sacerdoce du Christ s’impose à nous comme une vérité de foi divine et catholique.

Cette vérité est affirmée au concile d’Ephèse et par le concile de Trente, Session 23, ch. 1, DzS 1739. Le magistère ordinaire de l’Eglise, qui s’exprime dans la liturgie, dans les rites de l’ordination, dans la célébration de la messe, dans la récitation de l’office divin, proclame avec force et éloquence que le Christ est Le prêtre de notre religion et notre pontife pour l’éternité.

Le sacrifice, par lequel le Christ exerce son sacerdoce est le sacrifice de la croix et celui de l’Eucharistie. Par son sacerdoce, le Christ est non seulement mis en rapport avec Dieu, mais il est placé comme médiateur entre Dieu et les hommes.

Ainsi, même si les affirmations de Mgr Castillo peuvent avoir un sens vrai, elles pèchent gravement par prétérition d’une vérité capitale et essentielle du Nouveau Testament : Jésus-Christ est Sauveur parce qu’Il est prêtre et victime du Sacrifice qui nous rachète.

Pauvre troupeau de Lima, conduit par un évêque prévaricateur de la Révélation divine, captivé par une théologie de la libération de bas étage.