L’archevêque de Vaduz décide de s’abstenir du processus synodal

18 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news
Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz

Dans une communication datée du 15 octobre dernier, Mgr Wolfgang Haas, archevêque de Vaduz, explique à tous ses prêtres et à ses fidèles qu’il a décidé de ne pas participer au synode sur la synodalité, lancé officiellement par le pape François le 17 octobre 2021.

Le communiqué est intitulé : « Un mot de l’archevêque de Vaduz sur le “processus synodal” dans l’Eglise. »

Le prélat commence par expliquer que « le pape François a lancé un “processus synodal” mondial, qui doit maintenant être mis en œuvre dans les différents diocèses. A cette fin, le Secrétariat du Synode romain des évêques a déjà publié une série de documents en plusieurs langues, qui sont accessibles via Internet. »

Mais ce processus, estime l’archevêque, n’est pas pour son diocèse : « Je suis d’avis que dans notre petit archevêché, nous pouvons nous abstenir pour de bonnes raisons de mener à bien une procédure aussi complexe et parfois même compliquée, qui sous nos latitudes court le risque de devenir idéologique. »

L’ancien évêque de Coire, dont la nomination fut très mal reçue par les catholiques progressistes de son diocèse, qui dut subir une véritable guerre – avec par exemple, le refus de verser le denier du culte à l’archevêché – et qui fut finalement « déplacé » dans une partie de son diocèse, découpée tout exprès pour en faire le nouvel archevêché de Vaduz, sait de quoi il parle.

Il ajoute une raison pleine de bon sens pour un archidiocèse qui s’étend sur 160 km2 et compte 23 prêtres pour 10 paroisses : « D’une part, les relations étroites dans nos paroisses permettent un contact mutuel rapide et simple entre pasteurs et laïcs, de sorte qu’un échange intellectuel et spirituel a toujours été et reste possible. »

Cette proximité entraîne que « tous ceux qui le souhaitent peuvent dialoguer les uns avec les autres, s’écouter et entretenir une communication personnelle sur les suggestions, les souhaits et les idées dans la vie quotidienne de l’Eglise ».

Le prélat constate également que « dans toutes les institutions (…) il existe des relations constantes entre les personnes intéressées dans lesquelles une interaction responsable, pleine de tact et de sensibilité peut avoir lieu ».

Il rappelle aussi que « toute personne qui souhaite exprimer par écrit ses souhaits, ses préoccupations et ses suggestions concernant l’organisation de la vie ecclésiale dans notre diocèse peut toujours le faire et contacter directement l’archevêque ou le vicariat général ».

Enfin il termine par une touche que l’on pourrait presque qualifier d’ironie taquine : « Dans le “Vademecum pour le synode sur la synodalité”, manuel officiel pour les délibérations dans les églises locales, la tâche principale de l’évêque est considérée comme une écoute, et non comme de grandes discussions et de longs débats. »

Il recentre alors l’esprit de réforme, au bon sens du terme, sur l’essentiel : « Il s’agit d’être à l’écoute de ce que le Saint-Esprit veut nous dire. Cette écoute présuppose notre prière pour le don spirituel du discernement. Avant tout, je voudrais encourager la prière pour ce cadeau spécial et demander la bénédiction de Dieu sur tout le monde. »

Le communiqué a bien sûr déjà été épinglé par certains qui y voient un mépris de Rome. Alors que cet évêque n’a montré qu’un bon sens solide, et s’est épargné, à lui, à ses prêtres et à ses ouailles, bien des tracas pour une entreprise sujette à caution.