Le cardinal Ouellet nommé préfet de la Congrégation pour les évêques

10 Juillet, 2010
Provenance: fsspx.news

Le 30 juin, le cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec et primat du Canada, a été nommé par Benoît XVI préfet de la Congrégation pour les évêques, l’une des neuf congrégations de la curie romaine.

Il succède au cardinal Giovanni Battista Re, âgé de 76 ans et à la tête de ce dicastère depuis septembre 2000. Le cardinal Ouellet est également nommé président de la Commission pontificale pour l´Amérique latine. Benoît XVI a accepté la démission, pour raison d´âge, du préfet de la Congrégation pour les évêques, le cardinal Giovanni Battista Re, prélat italien proche de Jean-Paul II (1978-2005).

Selon la constitution apostolique Pastor Bonus du 28 juin 1988, signée par Jean-Paul II, la Congrégation pour les évêques assiste le pape dans la création, division, unification et suppression d'Eglises particulières (diocèses, vicariats, prélatures, ordinariats militaires, etc.) ; pour tout ce qui concerne la nomination des évêques et l’exercice de leur fonction pastorale. La Congrégation coordonne les visites quinquennales ad limina des évêques au pape et à ses collaborateurs, et analyse les rapports qu'ils doivent fournir tous les cinq ans. La Congrégation est chargée de l’organisation des conciles particuliers, de la constitution des conférences épiscopales et de la révision de leurs statuts. Elle accomplit cette tâche dans le monde entier excepté dans les territoires qui dépendent de la Congrégation pour les Eglises orientales et de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples.

Né le 8 juin 1944 à La Motte (Canada), Marc Ouellet a obtenu en 1968 une licence de théologie à l´Université de Montréal (Canada) et a été ordonné prêtre le 25 mai 1968 pour le diocèse d´Amos dans sa paroisse natale. De 1970 à 1971, il a enseigné la philosophie au Grand Séminaire de Bogota (Colombie), dirigé par la province canadienne de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, qu’il rejoignit en 1972. Mgr Ouellet a ensuite poursuivi ses études à Rome où il obtint une licence de philosophie à l´Université pontificale Saint-Thomas d´Aquin, en 1974. Il fut envoyé au grand séminaire de Manizales (Colombie) puis au grand séminaire de Montréal où il travailla jusqu'en 1978. Il reprit alors ses études et obtint un doctorat en théologie dogmatique à l'Université pontificale grégorienne en 1983.

En 1984 il fut nommé recteur du grand séminaire de Manizales. Il devint recteur du Grand Séminaire de Montréal en 1990, et du St Joseph's Seminary d'Edmonton (Canada) en 1994. De 1996 à 2002, il fut titulaire de la Chaire de théologie dogmatique de l'Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille à l'Université Pontificale du Latran à Rome. Nommé secrétaire du Conseil pontifical pour la promotion de l´unité des chrétiens en mars 2001, il a été sacré évêque par Jean-Paul II le 19 mars de la même année. Nommé archevêque métropolitain de Québec en novembre 2002, il a été créé cardinal par Jean-Paul II en octobre 2003.

Le cardinal Ouellet est actuellement membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour l´éducation catholique et de la Congrégation pour le clergé. Il est également membre du comité de la revue Communio, fondée par Joseph Ratzinger et Hans Urs von Balthasar (1905-1988). Récemment le cardinal Ouellet s’est fermement opposé à l'avortement. Dans le cadre de la "Journée internationale de la famille", le15 mai à Québec, il avait déclaré que l´avortement constituait un crime. Au sujet d´un cas théorique concernant une femme violée enceinte malgré elle, il a précisé qu’« une femme violée vit un drame et qu´elle doit être aidée. Mais, elle doit l´être par rapport à la créature qu´elle a dans son sein. (...) Il y a déjà une victime, est-ce qu´il faut en faire une autre ? ».

Dans le quotidien québécois Le Soleil du 16 mai, le prélat canadien déclarait avoir « l´honneur ou le malheur de défendre la dignité de la personne humaine sans condition ni compromission. Dans le débat actuel sur l´euthanasie, cela me vaut d´être traité d´intégriste et d´ayatollah. Certains ne supportent pas que la dignité humaine ne soit en rien diminuée quand la personne n´est pas encore née, qu´elle est malade, handicapée ou mourante. J´affirme que la dignité de la personne humaine demeure pleine et entière du premier instant jusqu´à la toute fin de son existence. Elle est inviolable parce qu´il s´agit d´une personne humaine, tout simplement ». Le 2 mai, l´archevêque de Québec avait tenu les mêmes propos aux membres de la Fédération canadienne des sociétés de médecins catholiques (FCSMC) réunis à Montréal.