Le cardinal Parolin fait une mise au point sur l’affaire de la Note verbale

26 Juin, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Le cardinal Pietro Parolin

Le cardinal Pietro Parolin, de retour du Mexique, a donné un entretien à Vatican news pour calmer le débat autour de la Note verbale remise par le Saint-Siège à l’Etat italien au sujet du projet de loi Zan contre l’homophobie et la transphobie.

Le cardinal secrétaire d’Etat explique que ce document interne, échangé entre des administrations gouvernementales, n’était pas destiné à la publication.

Le but du document n’était pas de réclamer ou de suggérer un blocage de la loi, se défend le cardinal, car il respecte le principe de laïcité, mais de manifester l’inquiétude du Saint-Siège devant un texte flou ou vague, qui pourrait amener de graves problèmes d’interprétation.

Le haut prélat insiste sur ce point : « le concept de discrimination est trop vague dans son contenu », cela fait courir le risque de rendre punissable toute distinction entre les hommes et les femmes, ce qui entraînerait des conséquences paradoxales.

Le cardinal Parolin explique encore que cette intervention préventive est bien préférable à une intervention qui aurait suivi l’adoption de la loi. Il n’y avait aucune volonté d’ingérence, se défend-il encore, mais un désir de clarification pour la suite.

Il rappelle aussi que « pacta sunt servanda – les traités doivent être respectés ». Il fait référence au Concordat passé entre le Saint-Siège et l’Etat italien, dont certaines dispositions pourraient souffrir du fait de l’adoption de la loi Zan en l’état actuel.

A ce propos, il met en avant la liberté d’opinion qui « concerne tous les hommes, et touche à ce que le concile Vatican II définit comme le “sanctuaire” de la conscience ».

Enfin il justifie l’entrée en jeu de la diplomatie vaticane, alors que diverses interventions de la Conférence épiscopale italienne, suggérant des modifications de la loi, n’avaient donné aucun résultat.

Ce que l’on peut déplorer, c’est une réaffirmation du principe de la laïcité de l’Etat, de la liberté totale d’opinion et du primat de la conscience. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet.

Mais au-delà de ces dérives qui ont été entérinées au Concile, la tentative du Saint-Siège reste importante et précieuse pour endiguer une vague qui risquerait bien, comme le suggère le cardinal Parolin, d’empêcher l’Eglise de prêcher la vérité, particulièrement dans le domaine du mariage. Vague qui, tel un tsunami, se répand dans le monde entier et risque de tout noyer.