Le cardinal Parolin s’adresse à la droite européenne

29 Septembre, 2021
Provenance: fsspx.news
M. Viktor Orban et le cardinal Pietro Parolin

Alors que la droite européenne est de plus en plus sceptique sur la question migratoire, le chef de la diplomatie vaticane a participé à une réunion rassemblant les députés du Parti populaire européen (PPE) et a profité de l’occasion pour répéter le credo du pape François en la matière.

Après une tournée en Europe centrale, puis un passage éclair à Madrid à l’occasion de la deuxième Rencontre internationale des dirigeants catholiques au début du mois de septembre 2021, le cardinal Pietro Parolin est venu s’adresser aux membres du Parti populaire européen (PPE) réunis à Rome, le 23 septembre dernier.

Le PPE regroupe une palette de partis, couvrant tout le spectre des formations politiques de « droite » : des centristes libéraux, aux nationaux-conservateurs, souvent chrétiens.

C’est à ces derniers, semble-t-il, que le numéro deux du Saint-Siège est venu parler, avec en arrière-plan la question des migrants, qui restera dans l’Histoire comme la grande illusion de l’actuel pontificat.

« De la part du PPE, il y a une attention particulière au christianisme, et plusieurs de ses membres se réclament ouvertement des principes chrétiens », explique le haut prélat en guise d’introduction.

« Dans le christianisme – poursuit le chef de la diplomatie vaticane – on ne choisit pas ce qui nous plaît le plus, ou ce qui arrange le plus. On doit tout accepter. On ne peut pas aller au supermarché et prendre seulement un aspect ou un autre », a-t-il insisté.

Et le cardinal Parolin d’en arriver au cœur du sujet : « ce qui est propre au christianisme, c’est aussi bien la défense de la vie, dans toutes ses phases, de la conception naturelle jusqu'à la mort naturelle, que l’amour du prochain », qui «  se manifeste dans notre cas aussi comme attention face au phénomène des migrations, à travers les quatre verbes que le pape a toujours indiqué : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer ».

Et le bras droit du pape François de mettre en garde contre « une instrumentalisation du christianisme (…) pour des raisons politiques ».

Une source de confusion

Il est probable que l’ombre de Viktor Orban planait sur la conférence du cardinal Parolin : celui qui est taxé de « chantre de l’illibéralisme » avait en effet demandé au pape François, lors de leur rencontre à Budapest le 12 septembre dernier, de « ne pas laisser se perdre la Hongrie chrétienne ».

Le 24 septembre, le premier ministre hongrois recevait à Budapest des personnalités politiques de tous les horizons de la droite nationale conservatrice, comme Mike Pence, ancien vice-président de Donald Trump, ou Marion Maréchal, ancienne députée européenne, afin d’évoquer la démographie du vieux continent.

Le discours de Viktor Orban a tranché par rapport au discours du cardinal Secrétaire d’Etat : « certains, en Occident, croient que l’immigration va stopper le déclin démographique, mais ils ne prennent pas en compte le choc culturel. Un pays n’est viable que si ses citoyens partagent les mêmes valeurs. Sinon, l’Europe va s’effondrer », a ainsi résumé M. Orban, en conclusion de la matinée d’ouverture.

Celle-ci avait été entamée par une longue séance de bénédiction religieuse des familles. Certains voudront peut-être y voir cette « instrumentalisation » que dénonçait le cardinal, mais d’autres pourront aussi croire à la sincérité des valeurs chrétiennes manifestées à cette occasion.

Il faut enfin ne pas oublier que la gestion du flux migratoire d’un pays est éminemment politique. Certes, une politique chrétienne doit s’inspirer de la charité. Mais celle-ci peut s’exercer tout autant en accueillant des étrangers, qu’en leur refusant l’accès au territoire pour préserver le bien du pays.