Le cardinal Pell critique la gestion financière passée du Vatican

25 Janvier, 2021
Provenance: fsspx.news

Le cardinal George Pell, ancien ministre de l’économie du Vatican, s’est exprimé lors d’un webinaire organisé par The Global Institute of Church Management et a notamment abordé le sujet de la transparence dans l’administration financière de l’Eglise.

Les recommandations du haut prélat en matière de gestion financière se résument en trois points : transparence dans l’utilisation de l’argent, compétence dans l’administration, cohérence dans la gestion.

Et d’insister que ce n’est que de cette manière que le Vatican se sortira des problèmes. Il a ajouté qu’il était convaincu que de nombreux problèmes financiers actuels, en particulier l’achat controversé d’une propriété à Londres, auraient pu être évités, ou « auraient été interceptés plus tôt, si l’audit externe de Pricewaterhouse Cooper n’avait pas été annulé en avril 2016 ».

Le reproche est net : cela revient à dire que, s’il n’y avait pas eu blocage par le secrétaire d’Etat, de nombreuses fuites auraient été détectées plus tôt et stoppées. Une accusation très importante qui vise la Secrétairerie d’Etat, notamment les cardinaux Pietro Parolin et Giovanni Becciu.

Le cardinal Pell salue la récente décision du Pape de centraliser toutes les ressources de la Secrétairerie d’Etat dans les mains de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa), dont dépendra un centre unique d’investissements.

Avec le transfert de toutes les ressources à l’Apsa et au Secrétariat de l’économie, poursuit le cardinal, il sera désormais plus facile d’arrêter les choses qui ne sont pas saines ou opaques. « Le projet du pape de créer un conseil d’experts [le comité d’investissement] pour gérer les investissements est, à mon avis, une chose vitale », a ajouté le cardinal Pell.

Enfin, sur la question du Denier de Saint-Pierre – qui était encore récemment entre les mains de la Secrétairerie d’Etat – le porporato a rappelé que cet argent avait pour but de financer l’œuvre de charité du pontife et de couvrir une partie des frais de la curie.

Cet argent n’aurait jamais dû être utilisé pour faire des investissements. Et de rappeler un principe de justice inscrit dans le droit : « si des donateurs offrent de l’argent à l’Eglise dans un but précis, l’argent doit être utilisé dans ce but et non pour autre chose ».

Le haut prélat a terminé avec une constatation d’expérience : « Il existe un lien étroit entre l’incompétence et le fait d’être trompé », a-t-il déclaré. Et d’avertir sérieusement : « Du point de vue financier, je ne suis pas sûr que le Vatican puisse continuer à perdre de l’argent comme nous en perdons ».

Car un autre problème très préoccupant va tester la solidité du système : la pression des fonds de pension devient très préoccupante. Autrement dit, les retraites, qui, comme dans de nombreuses institutions, s’annoncent comme le problème financier majeur des décennies à venir.