Le cardinal Pell interpelle la congrégation pour la Doctrine de la Foi

18 Mars, 2022
Provenance: fsspx.news

Le cardinal George Pell a demandé à la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) de réprimander publiquement deux évêques pour ce qu’il considère comme un « rejet total et explicite » de l’enseignement de l’Eglise sur la moralité sexuelle.

Dans une déclaration publiée le 15 mars 2022, le cardinal Pell a demandé à la CDF « d’intervenir et de porter un jugement » sur les déclarations du cardinal Jean-Claude Hollerich et de Mgr Georg Bätzing. Le cardinal Pell a annoncé sa démarche dans un entretien accordé à l’agence de télévision catholique allemande K-TV, le 11 mars.

Le cardinal jésuite Hollerich, archevêque de Luxembourg et Mgr Bätzing, évêque de Limbourg ont, dans des interviews récentes, appelé à un changement de l’enseignement de l’Eglise sur l’homosexualité.

Le cardinal Hollerich, qui préside le synode sur la synodalité, a ainsi déclaré que l’enseignement actuel était « erroné » et que le « fondement sociologique-scientifique » de cet enseignement qui condamnait cet acte comme sodomie n’était plus correct.

Mgr Bätzing, président de la Conférence épiscopale allemande, de son côté, a soutenu le 4 mars que les relations entre personnes de même sexe étaient autorisées et ne constituaient pas un péché, et que le catéchisme devait être partiellement modifié pour refléter ce fait.

Les deux prélats se sont également engagés à ne renvoyer aucun prêtre ou employé laïc qui serait homosexuel déclaré, de leurs diocèses. « Personne ne doit avoir peur de perdre son emploi » pour des raisons d’homosexualité, a déclaré Mgr Bätzing.

Le cardinal Pell a déclaré qu’un tel enseignement était « erroné » car « non seulement il rejette les doctrines judéo-chrétiennes contre l’homosexualité, mais il sape et rejette l’enseignement sur le mariage monogame, l’union exclusive d’un homme et d’une femme ».

Le cardinal australien a déclaré qu’il reconnaissait les défis auxquels sont confrontés les fidèles, de moins en moins nombreux dans les pays germanophones et ailleurs, mais il a ajouté que la seule réponse possible était de « redécouvrir les promesses de Jésus » et d’embrasser plus étroitement le « dépôt ininterrompu de la foi ».

La solution, a-t-il ajouté, consiste à « ne pas suivre les diktats changeants de la culture séculière contemporaine », ajoutant que, « comme l’a souligné le pape Paul VI il y a de nombreuses années, il s’agit d’une voie d’auto-démolition pour l’Eglise ».

Rupture synodale

Le cardinal australien a également critiqué le Chemin synodal de l’Eglise d’Allemagne, où ces changements controversés sont votés par des participants élus. Il a chaudement approuvé la récente lettre ouverte de la conférence épiscopale nordique à Mgr Bätzing, qui exprime sa profonde inquiétude quant à ce processus.

L’Eglise catholique, a-t-il commenté, « n’est pas une fédération dans laquelle différents synodes ou rassemblements nationaux et des dirigeants éminents peuvent rejeter des éléments essentiels de la tradition apostolique et rester imperturbables. (…) Ce rejet est une rupture, incompatible avec l’enseignement de l’Ecriture et du Magistère, et avec tout développement doctrinal légitime ».

Le cardinal Pell a déclaré dans son communiqué qu’« aucun des dix commandements n’est facultatif », qu’ils doivent tous « être suivis », et que « nous ne pouvons pas avoir une version spéciale australienne ou allemande des dix commandements".

Le cardinal a conclu en réitérant son appel à l’intervention du Vatican.