Le dernier prêtre catholique a été évacué d’Afghanistan

30 Août, 2021
Provenance: fsspx.news

Avec l’aide de la diplomatie italienne, le Saint-Siège a soutenu l’exfiltration de plusieurs catholiques afghans, dont un prêtre, des religieuses et des enfants handicapés arrivés de Kaboul le mercredi 25 août 2021.

Le dernier prêtre resté en Afghanistan, le père Giovanni Scalese, ainsi que cinq religieuses et 14 enfants handicapés ont enfin été évacués de Kaboul après de longs jours d’attente.

Le religieux barnabite, resté seul prêtre dans le pays, refusait d’être évacué, tant que les religieuses n’avaient pas quitté le pays. Ces dernières quant à elles, refusaient de partir si les enfants dont elles s’occupaient ne pouvaient les accompagner.

Le groupe a finalement pu rejoindre l’aéroport, après plusieurs tentatives avortées. Le Vatican a activement soutenu leur exfiltration ces derniers jours.

Agir discrètement

Avec un nombre dérisoire de catholiques présents dans le pays (moins de 200), et sans nonce apostolique sur place, le Saint-Siège ne dispose guère d’influence sur les événements. C’est pourquoi, relate le journal La Croix, le Vatican a sollicité depuis mi-août plusieurs ambassades présentes à Rome pour avoir leur avis sur les événements.

Le Vatican s’est fait très discret, pour éviter de mettre en danger les rares catholiques présents sur place, et s’est surtout appuyé sur la diplomatie italienne. Le prêtre et ceux qui l’accompagnaient, ainsi que d’autres chrétiens présents sur place, ont emprunté le pont aérien mis en place par l’Italie.

Il faut d’ailleurs remarquer que la présence catholique en Afghanistan est intimement liée à celle de l’Italie, dont l’ambassade logeait l’unique église du pays, si l’on excepte des églises de campagne, constructions légères destinées aux aumôniers des troupes étrangères. Mais ces dernières ont été quasiment toutes détruites.

A Rome, toujours selon le journal La Croix : « En privé, certains très hauts responsables du Vatican ne cachent pas leurs critiques à l’égard du président américain Joe Biden. Le sujet pourrait d’ailleurs être abordé fin octobre lors d’une rencontre entre le nouveau président et le pape François, en marge du G20 organisé à Rome. »

Il reste que cette déroute de l’“Occident”, face aux talibans, laissera des traces et aura des répercussions profondes sur les courants islamistes. Le monde se trouve désormais face à un nouvel état islamique revendiqué, qui a assis sa domination sur l’Afghanistan, et qui possède un commandeur des croyants en la personne de Haibatullah Akhundzada fondateur du mouvement.