Le diable montre ses cornes à Medjugorje

17 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news
La Stryge de Notre-Dame de Paris

« Le diable est présent à Medjugorje, et il attaque également les voyants. » En livrant au Fatto Quotidiano, le 11 septembre 2020, les bonnes feuilles de son dernier livre paru aux éditions San Paolo, Il mio nome e SatanaMon nom est Satan, non traduit à ce jour – Fabio Marchese Ragona devrait séduire un lectorat en quête de sensationnel. Et même créer un léger séisme à l’intérieur des murailles léonines.

Les propos rapportés par le vaticaniste proviennent d’un entretien réalisé avec Mgr Henryk Hoser, archevêque émérite de Varsovie, nommé par le pape François le 11 février 2017, visiteur apostolique spécial pour la paroisse de Medjugorje (Bosnie Herzégovine) où il réside. C’est la première fois que le prélat parle de la présence du diable à Medjugorje.

« Oui, c'est vrai – explique Mgr Hoser – il y a des cas de manifestations démoniaques ; je peux dire qu’ils sont rares, mais il arrive parfois que l’on entende quelqu’un crier ou déclamer, même lors de rassemblements de dix-mille personnes. » L’envoyé spécial du pape insiste : « cela se produit ici, cela ne peut être nié. Bien sûr, cela n'arrive pas tous les jours, mais cela arrive ici, à Medjugorje. De plus, il arrive parfois que ces possédés veuillent attaquer les voyants ».

Le cardinal Ruini entre gêne et aveu

Le livre de Fabio Marchese Ragona a été lu attentivement au Vatican, notamment par le cardinal Camillo Ruini qui a dirigé la commission d’études sur les événements de Medjugorje.

Celle-ci a rendu son rapport en 2017. Elle reconnaît les sept premières apparitions mariales qui se seraient produites du 24 juin au 3 juillet 1981, affirmant que les premiers phénomènes constatés dans la ville bosniaque n’ont pas d’origine démoniaque : une précision en contradiction avec de précédentes enquêtes solidement argumentées.

Le cardinal Ruini, gêné par les déclarations de l’envoyé spécial du Saint-Siège, a réagi : « dans l'enquête que nous avons menée, nous n’avons pas traité de la présence du diable à Medjugorje ; dans notre rapport, il n’y a rien à ce sujet ». Que penser alors, de la valeur des conclusions de la commission qu’il a dirigée jusqu’en 2017 ?

Pour se justifier, le cardinal ajoute : « comme on le sait, on ne peut exclure que le diable soit présent au milieu des bonnes choses ; il suffit de se souvenir qu’il peut tenter les saints. Saint Antoine, par exemple, a été très tenté par le diable. Ce n’est pas une chose incompatible à Medjugorje ».

Le scepticisme du pape François vis-à-vis de Medjugorje ne pourra qu’en sortir renforcé. En mai 2017, de retour de Fatima, le pontife argentin avait déclaré au sujet des conclusions de la commission : « moi-même je serais plus méchant : je préfère la Madone Mère, plutôt que la Madone chef de bureau qui envoie des messages tous les jours. Cette femme n’est pas la Mère de Jésus ». 

Ce qui n’empêchera probablement pas François de demeurer fidèle à sa méthode : privilégier « le fait spirituel et pastoral ; (…) les gens qui se confessent là ». Et laisser ainsi des pèlerinages s’organiser, aux dépens de l’aspect doctrinal, relégué au second rang : « ces apparitions présumées n’ont pas tant de valeur que ça », avait-il d’ailleurs conclu…