Le pape François crée la Conférence ecclésiale de l’Amazonie

21 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news

Le pape François a institué la Conférence ecclésiale de l’Amazonie (CEAMA) le 9 octobre 2021. Cette structure a pour but de « promouvoir l’action pastorale commune » des diocèses du bassin fluvial sud-américain et d’y « favoriser une plus grande inculturation de la foi ».

La création de cette conférence était inscrite dans le Document final du Synode sur l’Amazonie. Au n°115 avait été proposée la création d’un « organe épiscopal permanent et représentatif pour promouvoir la synodalité dans la région amazonienne ».

La Conférence des évêques d’Amérique latine (CELAM) avait signé le 16 octobre dernier la création de la CEAMA. Il faut remarquer que ce nouvel organisme n’est pas une conférence épiscopale, mais ecclésiale : elle rassemble toutes les entités dépendant de l’Eglise dans le bassin amazonien, et pas seulement les diocèses.

La première Assemblée ecclésiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes

Que nous réserve cette nouvelle structure qui est fortement imbriquée avec le CELAM ? Une petite idée peut en être donnée par la récente « Synthèse narrative : l’écoute de la 1ere Assemblée ecclésiale pour l’Amérique latine et les Caraïbes – CELAM » (224 p.) publiée le 21 septembre dernier.

C’est une conclusion, certes non officielle selon les présentateurs, de cinq mois « d’écoute du peuple de Dieu » à travers les réponses et les contributions via la page « Assemblée synodale » du CELAM.

Les “propositions” semblent non seulement avoir été élaborées par certains groupes idéologiques minoritaires, bien installés dans les structures du pouvoir ecclésial, mais aussi sélectionnées dans un but très précis : « le processus de conversion de l’Eglise » (p. 1).

Ce document n’est qu’un copier-coller de propositions individuelles, théologiquement désorganisé, sans grande méthode ni logique, qui, cependant, « rejoint ce que le peuple a mis en avant ».

Mais, il « se rattache au Synode de l’Eglise universelle sur la synodalité, dans lequel nous partagerons les nombreux fruits de cette expérience en tant qu’Assemblée ecclésiale qui poursuit son chemin » (p. 2).

Il est édifiant de considérer quelques-uns des textes proposés par le « peuple saint de Dieu (…) qui est infaillible in credendo » (Message d’ouverture), plusieurs d’entre eux étant intitulés (sic) comme « perles » des « voix du peuple de Dieu ».

Quelques perles

Théologie de la libération

« Promouvoir une théologie de la libération, libératrice ; qui nous permette de nous relier efficacement au projet libérateur de Jésus ; qui nous permette de reconnaître les structures de pouvoir et d’oppression ; qui facilite la rencontre, le dialogue et qui favorise les gestes et les attitudes d’espérance afin de vivre un ministère ecclésial vivant. »

« Revenir aux sources, comme nous y invite le pape François, et reprendre son engagement initial de tout quitter pour servir et faire connaître Jésus. Qu’il y ait une préférence pour les pauvres et les fragiles de notre continent. Revenir au message d’Aparecida et reprendre la théologie de la libération sans craindre la censure, avec la certitude que nous sommes sur le bon chemin » (p. 25)

Éducation globale et marxiste

« Continuons à rêver du pacte mondial de l’éducation, car l’éducation est la porte d’entrée vers des jours meilleurs dans la société. Nous croyons fermement que l’accès à l’éducation est un droit, d’où la nécessité d’un “Pacte mondial pour l’éducation”. Une éducation libératrice est la voie vers une société dans laquelle chaque citoyen est un sujet (citoyenneté active). » (p. 48)

Le monde protestant

« L’Eglise catholique ne considère pas les églises protestantes comme un danger pour la foi, mais plutôt comme des manières différentes de croire en Dieu. (...) Les pasteurs et les fidèles protestants sont plus enthousiastes et actifs. » (p. 86)

Le sacerdoce et le diaconat des femmes

« La présence et la participation sans voix des femmes dans l’Eglise : Leur présence et leur participation sont reconnues… mais souvent de manière passive, soumise et sans voix dans les organes décisionnels ecclésiaux.

« La formation et la reconnaissance de la ministérialité des femmes est nécessaire dans une Eglise émergente, y compris le diaconat féminin. » (p. 95)

« Appeler à des changements dans le droit canonique et la structure de l’Eglise pour permettre aux femmes d’assumer des ministères ecclésiaux/réfléchir sérieusement et ouvrir la possibilité de ministères ordonnés (diaconat, ministère presbytéral). » (p. 97)

« Il n’y a pas seulement un besoin de femmes diacres, mais elles sont une réalité. Une Eglise synodale mérite des femmes diacres. » (p. 189)

Prêtres mariés et célibat facultatif

« Que soit promu dans les conférences épiscopales et dans le CELAM un département d’action pastorale pour l’accompagnement, l’attention et le dialogue constant avec les prêtres mariés. » (p. 189)

« Que soit promue une commission d’étude au niveau professionnel, à partir de la dimension humaine, psychologique, philosophique et théologique, pour éclairer le célibat optionnel, présentant une nouvelle dimension du ministère sacerdotal en accord avec la réalité actuelle. »

« Que l’expérience des prêtres mariés dans la vie chrétienne domestique, pastorale, sacerdotale, professionnelle, d’entreprise, de travail et d’éducation soit prise en compte afin de contribuer à la croissance de la vie diocésaine et paroissiale. » (p. 123)

Acceptation de l’homosexualité

« L’homosexualité dans le clergé s’est silencieusement déguisée en observation du célibat. (…) La réduction du christianisme à des événements sacramentels administrés par la caste cléricale a condamné la grande majorité des croyants à un rôle passif (…) par exemple, les discours de l’Eglise sur la moralité sexuelle n’ont plus aucune incidence sur la vie des croyants" (p. 124).

« Douleur pour l’indifférence de l’Eglise face à la question de la diversité sexuelle. C’est la douleur des personnes LGTBIQ+ qui se sentent rejetées par l’Eglise en raison de leur orientation sexuelle. Depuis certaines chaires, il y a des prêtres qui répètent et réitèrent le rejet de la diversité sexuelle. »

« Douleur et déception face à ces écoles catholiques, institutions qui n’accueillent pas avec respect, tolérance active et inclusion, l’orientation sexuelle de leurs fils et filles. Déception qu’après cinq ans d’Amoris Laetitia, pratiquement aucun progrès n’ait été réalisé, notamment en ce qui concerne l’éducation du clergé et de la hiérarchie sur la diversité sexuelle. »

L’évangélisation par le bas

« Laissons-nous évangéliser par les peuples où se trouvent les semences du Royaume qui se construit sur la terre, dans un temps et un espace donnés. » (p.118)

« L’Eglise doit écouter la sagesse ancestrale, reconnaître les valeurs présentes dans le mode de vie des Communautés originelles. » (p.119) – Autrement dit : païennes.