Le pape ira au Colisée pour l’anniversaire de la rencontre d’Assise

05 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news

A l’initiative de la Communauté Sant’Egidio, fer de lance du mondialisme catholique progressiste, le lustre de la rencontre d’Assise sera ravivé au cœur de Rome. Le 7 octobre prochain, le pape François célébrera au Colisée le 35e anniversaire de la rencontre interreligieuse, voulue en 1986 par Jean-Paul II, plutôt que le 450e anniversaire de la bataille de Lépante.

Les Césars de l’Antiquité avaient construit le Colisée pour donner au peuple une manifestation concrète de leur pouvoir universel et antichrétien, en tant que lieu du triomphe permanent de la Rome païenne et de sa conquête du monde, célébré par des jeux de mort.

Lorsque ce monde s’est effondré, les Pontifes romains ont consacré l’édifice à la Passion du Sauveur et aux saints martyrs, les vrais triomphateurs.

L’anniversaire du funeste 7 octobre 1986

Lors de la cérémonie du 7 octobre, François présidera la prière en commun avec tous les autres chrétiens – schismatiques ou hérétiques – allant à l’encontre de la loi divine elle-même et de l’exemple des martyrs. Elle sera suivie d’un moment commun avec toutes les autres religions.

Faut-il rappeler que ce type de rencontre, où chaque religion est invitée à prier selon ses propres rites et convictions, est l’occasion de promouvoir l’indifférentisme et une vision totalement moderniste de la foi ? et qu’il s’agit d’une violation explicite du premier commandement du Décalogue, condamnée comme telle par Pie XI dans son encyclique Mortalium animos.

C’est précisément en raison de l’absence de réaction de l’épiscopat mondial lors de la rencontre d’Assise en 1986, présidée par Jean-Paul II, que Mgr Lefebvre a compris que la crise de l’Eglise était d’une telle gravité qu’elle exigeait la consécration d’évêques qui continueraient à transmettre le sacerdoce sans exiger l’adhésion, même silencieuse, à de telles conceptions.

Un contenu renouvelé

Mais la rencontre de 2021 sera actualisée pour refléter les nouveaux thèmes abordés par les encycliques Fratelli tutti et Laudato si’. Marco Impagliazzo, président de Sant’Egidio, l’a expliqué à Avvenire, le quotidien des évêques italiens :

« Il est nécessaire de se rencontrer en personne sous la bannière du dialogue entre les leaders des différentes religions afin de regarder vers l’avenir », dit Impagliazzo, « mais aussi d’écouter ensemble le cri des derniers afin de comprendre le véritable état du monde.

« Les thèmes de la fraternité universelle et de la protection de l’environnement apparaissent clairement comme une préoccupation commune à toutes les religions et, en même temps, comme un moyen de sortir de la pandémie. »

Si, à l’époque de Jean-Paul II, les hommes étaient au centre de cette prière commune, aujourd’hui c’est la terre elle-même qui est l’objet de la sanctification. Le souci de la paix ne peut être séparé du souci de l’environnement, compris de manière plus ou moins panthéiste.

Le modernisme voit dans l’esprit du temps la manifestation de l’Esprit Saint, qui répond continuellement aux nouveaux besoins de l’homme. Ce sont ces besoins, y compris les besoins environnementaux, qui déterminent les nouveaux dogmes et les nouvelles morales.

Une alliance avec les puissants

Mais qui dicte ces besoins ? Le « cri des plus petits », comme le dit Impagliazzo ? Malheureusement, le calendrier du modernisme semble généralement concorder avec celui des puissants de ce monde, dont il finit toujours par être un écho. C’est pourquoi, outre les chefs de toutes les religions, Angela Merkel et très probablement Mario Draghi seront également présents au Colisée.

La réunion, en effet, ne se limite pas à la prière, mais veut proposer des solutions qui coïncident avec celles des grandes agences internationales. Parmi les intervenants et les invités, il faut citer Jeffrey Sachs, économiste et ancien collaborateur du milliardaire Soros puis du secrétaire des Nations unies Ban Ki-moon, recyclé au Vatican depuis quelques années.

Il a ainsi été l’un des collaborateurs pour la rédaction de l’encyclique Laudato si’, et est omniprésent dans toutes les initiatives socio-économiques du Saint-Siège. Il est aussi connu pour sa doctrine économique, appliquée brutalement ces dernières décennies en Pologne, en Bolivie et au Liberia, avec des résultats catastrophiques pour les populations.

Il ne cache pas que la lutte pour le changement climatique passe par des politiques antinatalistes. Dans son livre The Common Good. Economy for a Crowded Planet, il affirme que « si l’Italie devait maintenir son taux de fécondité actuel jusqu’en 2300, sa population passerait de 58 millions à 600 000 individus. Ce ne serait pas une si mauvaise chose : l’immobilier et l’agriculture pour tous ! »

En même temps, il a une pensée humanitaire pour l’Afrique : « nous pouvons avancer rapidement dans la lutte contre les épidémies et l’amélioration de la production alimentaire… mais seulement à condition que les gouvernements africains et leurs partenaires de développement honorent leurs engagements en matière de planning familial ».

La lutte contre la pauvreté et pour l’écologie passe donc par la réduction de la population, selon les personnes à qui le Vatican accorde le plus de crédit.

Les grands rassemblements du type Assise, désormais habillés du vêtement de la « protection de la création » comme d’un noble objectif, sont souvent la traduction en termes religieux des grands intérêts des élites. Le modernisme, qui voudrait traduire les besoins de l’homme moderne en de nouvelles vérités religieuses, se révèle très souvent docile avant tout aux exigences des puissants.

Le Colisée, après avoir été le lieu de la profession de foi des martyrs, redeviendra ainsi le siège de la manifestation du pouvoir de ce monde, qui est revenu au paganisme et à l’adoration de la création, jusqu’au sacrifice de l’homme lui-même.