Le pape victime d’une campagne de diffamation en Argentine

19 Avril, 2022
Provenance: fsspx.news

François a remercié le journaliste argentin, Gustavo Sylvestre, par une lettre manuscrite du 7 avril 2022, pour avoir pris sa défense face à certains médias argentins, très critiques de son attitude devant le conflit qui se déroule en Ukraine, et particulièrement face aux morts civils. Le pape a même été accusé de complaisance avec le chef de l’Etat russe.

L’agence cath.ch explique cette mise en cause du pape, par l’opposition entre l’ex-président Mauricio Macri, alors maire de la capitale, et le cardinal Jorge Bergoglio, qui était alors archevêque de Buenos Aires. Cette relation tendue s’est prolongée pendant la présidence de M. Macri (2015-2019), et celui qui était devenu pape sous le nom de François.

Alors qu’au contraire, le climat entre le cardinal Bergoglio et Cristina Kirchner, opposante à M. Macri, présidente puis vice-présidente du pays, autrefois très tendu, s’est notablement amélioré. Cette polarisation a entraîné des accusations plus ou moins fortes contre le pape, concernant son action – ou son inaction selon certains – dans le conflit ukrainien.

Intervention des évêques argentins

Devant ces attaques, l’évêque de Nueve de Julio, Mgr Ariel Torrado Mosconi, a pris la défense du pape, en soulignant ses diverses interventions. Il exprime son étonnement de lire que certains médias « le désignent parfois comme complice des crimes et des atrocités » commises dans cette guerre.

Il en profite pour rapporter certains des mots qu’il a employés : « crime », « atrocité », « barbarie » ou « sacrilège ». Il vise la plupart du temps le fait même de la guerre, mais aussi et surtout la mort des civils et particulièrement des enfants.

Il faut d’ailleurs avouer que ses interventions cherchent à préserver la situation très particulière que doit être celle du Saint-Siège dans un conflit. Il suffit de considérer l’attitude d’un saint Pie X pour les commencements de la Première guerre mondiale, celle de Benoît XV durant ce dernier conflit, ou encore celle du pape Pie XII durant la Seconde guerre mondiale, pour percevoir cette difficulté.

L’on sait les reproches faits en particulier à Pie XII et la réponse qui a été donnée. Et, avant plus ample information ou analyse plus fine, il est possible de dire que le pape François cherche à ne pas déroger de l’attitude que doit avoir un pape dans ces circonstances si difficiles pour le Saint-Siège.

La lettre du pape à Gustavo Sylvestre

Le Souverain Pontife a remercié le journaliste de son soutien, dans le contexte des attaques dont il a fait l’objet de la part de médias. Le pape fait part de sa profonde inquiétude quant à l’état actuel du journalisme argentin.

« Dans ces information, l’on retrouve toujours certains des péchés dans lesquels les journalistes ont tendance à tomber : désinformation, calomnie, diffamation et coprophilie [attrait morbide pour les excréments]. Et on me dit que certains des auteurs d’articles sont payés pour cela. Triste ! Une vocation aussi noble que celle de la communication ainsi souillée », écrit François, désabusé.

François note aussi sa volonté de visiter le pays dans un avenir proche : « Certainement, j’aimerais visiter l’Argentine, surtout quand je me souviens de la visite ratée de novembre 2017, quand en raison des élections au Chili, l’Argentine et l’Uruguay ont dû être laissés de côté (…). Dieu dira quand je pourrai faire ce voyage », déclare le pape.

François termine cette lettre en remerciant Sylvestre : « Merci d’avoir nettoyé les informations. Je vous souhaite une sainte et heureuse Pâques. Que Jésus vous bénisse et que la Sainte Vierge veille sur vous. Fraternellement, Francisco. »