Le patriarcat de Moscou signe l’acte de décès de l’œcuménisme conciliaire

24 Décembre, 2021
Provenance: fsspx.news
Première rencontre entre le pape François et le patriarche Cyrille en 2016

Le mirage œcuménique est-il en train de se noyer dans les eaux glaciales de la Moskova ? En tout cas, la récente mise au point du métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, a de quoi briser en éclat les illusions perdues des pères de Vatican II en la matière.

Le numéro deux de l’Eglise autocéphale russe réagissait, le 12 décembre 2021, sur la chaîne Rossiya-24, aux propos tenus, le 6 décembre précédent, par le pape François, dans l’avion qui le ramenait de son voyage en Grèce.

Le souverain pontife avait alors déclaré : « je suis disposé à me rendre à Moscou. (…) Ma rencontre avec le patriarche Cyrille est à un horizon proche. »

Sans confirmer ni infirmer le projet d’une rencontre au plus haut niveau entre le Successeur de Pierre et le chef de l’Eglise russe – qui serait la deuxième dans l’actuel pontificat – le métropolite Hilarion a tenu à ne laisser la place à aucune équivoque :

« Personne ne parle de réunion des deux Eglises, car nos divisions sont très anciennes, les contradictions se sont accumulées ; les deux Eglises vivent leur propre vie depuis près de neuf siècles », a-t-il insisté.

Aux yeux du hiérarque russe, « l’unité est hors de question, mais ce qui serait envisageable, c’est que nous mettions fin à la situation de rivalité, de concurrence, d’inimitié, qui existe depuis de nombreux siècles ».

Puis, Hilarion n’a pas manqué d’appuyer sur les « erreurs » des catholiques et « la violence exercée par l’Eglise sur les orthodoxes ». Doit-on y voir l’effet-boomerang des nombreuses repentances exprimées par les plus hautes autorités de l’Eglise catholique, ces dernières décennies ?

Quoi qu’il en soit, parmi ces « violences », l’uniatisme obtient la palme d’or dans le discours du métropolite : « (dans le cas de l’uniatisme) il était permis aux orthodoxes de conserver leur rite, mais ils devaient rejoindre l’Eglise catholique, adopter la doctrine catholique, y compris celle de la juridiction universelle du pape de Rome ».

Pour Hilarion de Volokolamsk, l’uniatisme est une « tromperie, car de nombreux fidèles orthodoxes, lorsqu’ils sont passés à l’uniatisme, n’ont pas soupçonné qu’ils changeaient leur foi. En effet, extérieurement, tout restait comme avant – les vêtements de l’Eglise étaient les mêmes ; les prières à la liturgie étaient les mêmes ; le chant de l’Eglise était le même. »

Autant de propos qui ont le mérite de la clarté, mais qui font l’effet d’une gifle pour tous les fidèles, d’Ukraine notamment, qui ont sacrifié parfois jusqu’à leur vie afin de garder l’unité avec le Saint-Siège.

D’ailleurs, les catholiques uniates risquent fort d’être sacrifiés sur l’autel de la normalisation – on ne parle plus d’œcuménisme – des relations entre Rome et le patriarcat de Moscou :

« Quand le patriarche Cyrille a rencontré le pape à La Havane, ils ont fait une déclaration commune disant clairement que l’uniatisme n’est pas une méthode pour parvenir à l’unité », n’a pas manqué de rappeler, en forme d’avertissement, le métropolite.

A cette heure – et bien que le successeur de Pierre ait rencontré Hilarion à Rome, le 22 décembre dernier – ni date ni lieu ne sont évoqués concernant l’hypothétique rencontre entre Cyrille et le pape François. Une seule certitude : l’œcuménisme conciliaire a vécu sa Bérézina…