Le président Erdogan a célébré la reconversion de Sainte-Sophie

02 Août, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality

Il y a un an, la Turquie transformait les anciennes basiliques chrétiennes de Sainte-Sophie et Saint-Sauveur-in-Chora en mosquées. Sainte-Sophie était transformée en musée depuis 1934, et Saint-Sauveur en 1948. Pour le président Recep Tayyip Erdogan, Sainte-Sophie est un « symbole de la renaissance de la civilisation islamique ».

Une nouvelle confrontation a eu lieu entre les autorités turques et les experts de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) au sujet de Sainte-Sophie et de Chora.

En décembre dernier, l’organe des Nations unies a demandé un « audit des changements » apportés après la conversion en mosquées.

Dans une déclaration, les membres du comité ont exprimé leur « profond regret quant au manque de dialogue et d’information sur le changement de statut des deux bâtiments ».

Le gouvernement d’Ankara a immédiatement réagi, rejetant toute ingérence dans les affaires intérieures : il a critiqué l’Unesco, accusant l’institution internationale d’adopter une position « politique » et « partiale » sur la conversion des basiliques chrétiennes de Sainte-Sophie et de Chora en mosquées.

Lors de la réunion annuelle qui se tient à Fuzhou, en Chine, du 16 au 31 juillet, les experts l’Unesco ont demandé un « rapport actualisé sur l’état de conservation » de Sainte-Sophie, fixant la date limite du 1er février 2022 pour soumettre une étude complète des deux monuments.

Le comité de l’Unesco s’est dit « gravement préoccupé » par la situation qui s’est créée et n’a pas caché son « profond regret face au manque de dialogue et d’information » concernant ces changements.

Dans sa réponse, la Turquie affirme que les travaux en cours n’ont aucun impact négatif selon les normes de l’Unesco : au contraire, ils visent à protéger l’authenticité et l’intégrité des structures.

« Sainte-Sophie et Chora, poursuit le communiqué, sont la propriété de la République de Turquie, elles sont méticuleusement préservées en termes de valeur historique, culturelle et spirituelle » et leur utilisation est un « droit souverain de la Turquie ».

Cette transformation a été un succès politique pour Erdogan, qui s’est assuré ainsi un large soutien des milieux musulmans à tendance islamiste, alors qu’il perd du terrain dans les milieux kémalistes – qui se réfèrent à Atatürk – et partisans d’un état laïc.