Le Sacré-Collège rythmé par la valse de ses électeurs

15 Octobre, 2020
Provenance: fsspx.news

En moins d’une semaine, le Sacré-Collège a perdu deux électeurs, dans des circonstances fort différentes d’ailleurs. En considérant la limite d’âge que plusieurs cardinaux doivent atteindre d’ici deux ans, la création prochaine de nouveaux porporati se fait de plus en plus probable.

« Tout coule et on ne se baigne jamais dans le même fleuve. » Héraclite d’Ephèse aurait pu sans peine appliquer sa chère maxime au Sacré-Collège, qui, comme on le sait, a la lourde charge d’élire le successeur de Pierre : ces derniers jours, deux cardinaux ont perdu leur droit de vote, ramenant le nombre d’électeurs lors d’un éventuel conclave, à cent-vingt.

Rien de grave, puisque ce nombre correspond à la limite maximale du nombre d’électeurs pouvant participer à la grande élection.

Toutefois, la limite d’âge de quatre-vingts ans au terme de laquelle tout cardinal perd son droit de vote – limite imposée par Paul VI en 1970, dans son motu proprio Ingravescentem aetatem – est de nature à bouleverser régulièrement le visage du Sacré-Collège.

Ainsi, depuis le 29 septembre 2020, le cardinal Lorenzo Baldisseri, ancien secrétaire du synode des évêques, atteint par la limite d’âge canonique, a perdu son droit de désigner le pape lors du futur conclave.

De plus, au cours des années 2021 et 2022, ce sont dix-sept cardinaux supplémentaires qui devraient souffler leurs quatre-vingt bougies.

Et si l’on ajoute les décès possibles de certains porporati en âge de voter, ou la renonciation-sanction toujours envisageable d’un électeur, comme c’est le cas pour le cardinal Angelo Becciu, obligé de se retirer le 25 septembre dernier, sur arrière-fond de scandale financier, on saisit combien le collège des cardinaux-votants est une réalité évolutive.

Dans cette perspective – étant donné que les papes préfèrent maintenir la limite haute des électeurs afin de sécuriser un futur conclave – il ne serait pas étonnant que de nouvelles créations cardinalices aient lieu – une vingtaine avancent les observateurs – d’ici les deux prochaines années.

Une occasion pour le pape François d’imprimer plus profondément sa marque dans la vénérable assemblée chargée de lui trouver un successeur. Toutefois, dans ce domaine, rien n’est jamais sûr, et les circonstances – qui sont toutes dans la main de Dieu – peuvent amener bien des surprises.