Le synode allemand et les diaconesses

21 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news
Couvent des sœurs franciscaines de Waldbreitbach

Alors que la question du diaconat féminin a récemment resurgi, un cycle de formation est désormais proposé outre-Rhin aux femmes souhaitant devenir « diaconesses », avec la bénédiction d’une Eglise d’Allemagne perdue dans les brumes de son « chantier synodal ».

A la maison mère des sœurs franciscaines de Waldbreitbach (Rhénanie-Palatinat), un étonnant cycle de cours vient de faire son apparition, il s’intitule « formation à l’exercice du diaconat pour les femmes ».  

Comme son nom l’indique, il s’agit d’un module pour « diaconesses », qui vise à préparer des femmes à une fonction ministérielle qui n’a jamais jusqu’ici été approuvée par l’Eglise romaine, mais dont l’Eglise d’Allemagne a fait le cheval de bataille de son chantier synodal. 

« En tant qu’historienne, je sais que les processus de renouveau et de changement prennent du temps dans l’Eglise », reconnaît la directrice du réseau associatif à l’origine de ce cours, l’allemande Irmentraud Kobusch. 

Dans un entretien accordé à katolisch.de le 10 septembre 2020, celle-ci déclare avec aplomb : « je ne saurais dire quand, mais je suis fermement convaincue, que les efforts consentis afin d’ouvrir le diaconat aux femmes finiront par porter leurs fruits ». Autrement dit, l’Eglise a tort, mais elle finira par le reconnaître. 

Prévue pour durer trois ans, la formation doit commencer sous peu : « il y a déjà seize femmes dans les starting blocks », se réjouit Irmentraud Kobusch, qui ajoute que le nouveau module doit permettre aux candidates « d’acquérir des compétences qu'elles pourront utiliser dans de nombreuses fonctions dans l’Eglise ». 

Le cardinal Rainer Woelki a dénoncé, dans un entretien du 17 septembre à l’agence KNA que « la question de l’ordination des femmes est une discussion qui ne mènera à rien. En effet, cette question a été décidée par la plus haute autorité magistérielle : le pape Jean-Paul II et Benoît XVI ; et le pape François a également souligné à plusieurs reprises que la question a été décidée par l’autorité magistérielle. (…) La discussion se déroule en dehors de l’enseignement de l’Église ». 

Le nouveau président de la conférence épiscopale, Mgr Georg Bätzing s’est empressé de dire à son tour qu’il considérait que « le diaconat des femmes comme très légitime ». 

Ce qui permet sans doute d’alimenter un faux espoir est la décision surprenante de François d’instituer une commission d’étude sur le diaconat féminin, le 8 avril dernier. Alors que la précédente commission avait conclu par la négative, et qu’il se dit lui-même opposé. 

Il faut rappeler l'enseignement de l’Eglise : l’impossibilité d’ordonner des femmes – que ce soit au sacerdoce ou au diaconat –  appartient à la substance du sacrement de l’Ordre. Autrement dit l’Eglise n’a aucun pouvoir de changer ce fait.