Le Temple satanique : l’allié embarrassant de Joe Biden

03 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news

Se couvrant de la liberté religieuse, le « Temple satanique » tente d’obtenir que ses membres soient dispensés des lois limitant l’avortement dans certains Etats américains. Leur but : porter à nouveau la question de l’avortement devant la Cour suprême.

« Le Temple satanique est une religion qui croit en la bienveillance et à l’empathie entre tous, rejette l’autorité tyrannique et prône le bon sens et la justice », écrit avec un aplomb désarmant le journaliste David Cohen, sur le site d’informations Rolling Stone, le 24 août 2020. 

On se rappelle que les adeptes de cette secte se sont fait connaître du grand public, lorsqu’ils réussirent à faire introduire des cahiers de coloriage satanistes dans des écoles de Floride, en réponse à la décision d’un juge local qui avait autorisé la distribution de bibles en milieu scolaire. 

Rolling Stone, revue très populaire au sein de la jeunesse américaine, - réputée défendre les positions les plus libertaires - rend ici compte du combat pour l’avortement mené par le Temple satanique, une association « confessionnelle » fondée en 2013 par Lucien Greaves, afin de lutter contre l’influence des chrétiens conservateurs aux Etats-Unis. 

Selon ses dirigeants, cette « religion » est fondée sur le fait que « le corps est inviolable, soumis à la volonté propre de chacun, avec pour conséquence la possibilité d’avorter sans limite ni restriction ». 

Dans cette perspective erronée, empêcher une femme qui se réclame du Temple satanique serait mettre un obstacle au sacro-saint premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui protège la liberté religieuse. 

« Depuis des années », explique David Cohen, « le Temple Satanique s’est battu pour étendre à ses propres membres, les notions de liberté religieuse que la Cour suprême conservatrice applique aux chrétiens, (…) afin de les exempter des lois contraignantes sur l’avortement ». 

Le sophisme - ou plutôt le simplisme du raisonnement - n’a pas été jusqu’ici retenu par les tribunaux, mais les adeptes de la secte croient pouvoir s’appuyer sur un arrêt de la Cour suprême de 1990 - intitulé Employment Division vs Smith - afin de faire inscrire l’avortement libre et gratuit comme une expression du droit à la liberté religieuse. Dans ce but, le nom du futur président des Etats-Unis sera, à n’en pas manquer, un facteur déterminant. 

Le Temple satanique penchera-t-il davantage vers le candidat démocrate lors de l’élection présidentielle prévue en novembre 2020 ? On peut le croire, au vu des positions libérales prônées par le catholique Joe Biden, en matière d’avortement. 

De plus, l’un des membres de son équipe, Michelle Lujan Grisham - deuxième femme à occuper le poste de gouverneur du Nouveau-Mexique - n’hésite pas à afficher sur Twitter son soutien officiel à l’un des responsables du Temple satanique, Greg Stevens. 

La secte pourrait cependant être un allié embarrassant pour un candidat démocrate qui risque de s’aliéner un peu plus le vote des catholiques, déjà « douchés » par la nomination de Kamala Harris au poste de vice-présidente en cas de victoire aux présidentielles. 

L’un des porte-parole de Joe Biden, Andrew Bates, a souhaité rassurer l’électorat catholique le 7 août dernier sur Fox News : « la foi de Joe est enracinée dans son cœur ; il l’a vécue avec dignité toute sa vie, et cela a été une source de force et de réconfort dans les moments de difficulté. » 

Reste à savoir si cela sera suffisant pour convaincre les électeurs catholiques.