Les évêques du Costa Rica interdisent la messe traditionnelle

21 Juillet, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
Les évêques de la Conférence épiscopale du Costa Rica

Par un message publié sur leur page Facebook – Comunicación Conferencia Episcopal de Costa Rica – les évêques costariciens ont interdit complètement la messe traditionnelle sur toute l’étendue du pays.

Les évêques expliquent que la célébration de la messe tridentine au Costa Rica est « un sujet qui retient depuis longtemps l’attention de la Conférence épiscopale du Costa Rica ». Une réflexion diocésaine puis collégiale a été menée qui a mené à une décision radicale.

Les raisons insistent sur le fait que les autorisations données par Jean-Paul II et Benoît XVI ont été utilisées « pour accroître les distances, durcir les différences et construire des oppositions ».

C’est pourquoi les évêques sont convaincus « qu’il n’existe aucune justification objective à l’utilisation parmi nous de la liturgie antérieure à la réforme de 1970 ». En effet, disent-il, il n’y a jamais eu de groupes de fidèles adhérant aux formes liturgiques antérieures.

De plus ceux qui « croyaient que ces anciennes formes liturgiques leur étaient “particulièrement adaptées” (Summorum Pontificum, introd.) (…) ne disposaient pas “d’un niveau de formation liturgique et d’un accès à la langue latine leur permettant la participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques” que la nature même de la liturgie exige ».

Ils ajoutent que « ceux qui expriment une affinité pour les anciennes formes n’expriment pas toujours leur appréciation de “la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des décrets du Concile Vatican II et du Magistère des Souverains Pontifes” (Traditionis custodes) ».

De ces considérants, les évêques font découler leur décision : « Considérant les différentes éléments établis par le Motu Proprio Traditionis Custodes, nous précisons qu’aucun prêtre n’est autorisé à continuer à célébrer selon l’ancienne liturgie. »

De plus, « les séminaristes et les nouveaux prêtres doivent être formés (…) conformément à ces dispositions ». Cette formation doit être clairement « orientée vers l’appréciation et la pratique de la liturgie réaffirmée par le Concile Vatican II, qui est “l’unique expression de la lex orandi du Rite romain” ».

Enfin il est précisé que « la liturgie, célébrée selon les livres promulgués par les saints Paul VI et Jean-Paul II, doit être préservée de tout élément provenant des formes anciennes. Les prières, les vêtements ou les rites qui étaient propres à la liturgie avant la réforme de 1970 ne doivent pas être introduits dans nos célébrations. » Du passé faisons table rase...

Des prêtres concernés

Le Costa Rica possède au moins une société religieuse, dûment approuvée, dont les prêtres – peu nombreux il est vrai – célèbrent selon le rite tridentin. Les voilà privés de manière totalement illégale.

Car, n’en déplaise à Nosseigneurs du Costa Rica, cette messe ne peut être interdite, protégée qu’elle est par la bulle Quo primum. Ce qu’a d’ailleurs rappelé une commission de neuf cardinaux sous Jean-Paul II, qui a précisé qu’un évêque ne pouvait interdire la célébration de la messe de saint Pie V à un prêtre.

Certes, les abus de pouvoir ont été légion autrefois dans divers pays, au moment de la promulgation du Novus ordo. Mais cela n’a pas empêché la messe tridentine de continuer à sanctifier les âmes.

Il semble vraiment que nous soyons revenus à l’époque de Paul VI, que le Pape admire et prend pour modèle. Mais nous ne sommes plus à cette époque, et la seule chose que ces interdictions montrent, c’est une rage associée à un manque dramatique d’autorité qui, ne pouvant s’imposer aux puissants, s’en prend aux plus faibles.