Les évêques polonais prônent les thérapies de conversion

09 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news

Dans un document de synthèse publié à l’issue de leur assemblée plénière, la Conférence des évêques de Pologne (KEP) crée la polémique, appelant à ouvrir des centres médicaux spécialisés dans le soin des tendances homosexuelles.

« Un document grotesque ». Le quotidien progressiste italien Linkiesta n’a pas de mots assez durs pour qualifier la « position de la Conférence des évêques de Pologne sur la question LGBT ». 

Le document de 27 pages a été présenté le 29 août 2020, à l’issue de la 386e assemblée plénière de la KEP, qui s’est tenue au sanctuaire marial de Jasna Gora, à Czestochowa. 

Si les prélats des bords de la Vistule utilisent les habituelles précautions de langage afin de ne pas être accusés de discrimination à l’encontre de la nébuleuse homosexuelle, ils n’en rappellent pas moins que l’Eglise ne saurait accepter l’extension du concept de mariage et de famille aux couples de même sexe. Ni leur permettre d’adopter un enfant, stigmatisant au passage l’éducation sexuelle dispensée dans certains établissements scolaires. 

Mais la proposition qui a créé une onde de choc dans les milieux progressistes, se lit au paragraphe 38 : la KEP y expose la nécessité de créer des centres pratiquant les fameuses « thérapies de conversion » qui font polémique tant en Europe qu’aux Etats-Unis. 

« Il est nécessaire de créer des cliniques pour aider les personnes qui le souhaitent à retrouver une orientation sexuelle naturelle », expliquent les évêques, qui n’ignorent pas soutenir une pratique condamnée par plusieurs instances internationales - telles l’ONU ou l’OMS - et qui fait en France l’objet d’un projet de loi d’interdiction, depuis le 3 juin 2020. 

La position de l’épiscopat polonais sur l’homosexualité tranche ainsi avec celle exprimée par d’autres épiscopats européens. 

En Allemagne, le récent synode des évêques de 2020 a choisi la carte du relativisme absolu : l’orientation homosexuelle est désormais, selon les prélats d’outre-Rhin, « une forme normale de prédisposition sexuelle » qui « se fixe à la puberté et ne doit pas être modifiée ». 

En France, comme sur nombre de sujets éthiques, les évêques sont à la peine sur la question : « il existe dans la famille humaine une diversité d’inclinations sexuelles. (…) Il ne faut pas discriminer les personnes homosexuelles. (…) L’Eglise catholique invite à les accueillir et les accompagner dans leur chemin vers Dieu. Mais il n’est pas possible de mettre les relations homosexuelles sur le même plan que la relation de l’homme et de la femme ». 

C’est ce qu’on peut lire dans le document « Qu’est ce que l’homme ? Eléments d’anthropologie catholique », publié par la Conférence des évêques de France (CEF), le 23 avril 2019. 

Du côté du Saint-Siège, il n’y a pas encore eu de réaction publique sur le document de synthèse de l’épiscopat polonais : au 3 septembre dernier, la déclaration de la KEP n’est ni publiée, ni référencée, ni évoquée de façon officielle.