Les vocations au sacerdoce, un défi pour l’Eglise

10 Août, 2012
Provenance: fsspx.news
Ordinations sacerdotales à Notre-Dame-de-Paris, juin 2015.

Le 25 juin 2012, le document intitulé Orientations pastorales pour la promotion des vocations au ministère sacerdotal a été présenté par le cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, Mgr Jean-Louis Bruguès, OP, et Mgr Angelo Vincenzo Zani, respectivement secrétaire et sous-secrétaire du dicastère.

Le document, sollicité après l'assemblée plénière de la congrégation en 2005, a été élaboré dès 2008 à partir des réponses et suggestions des différentes Conférences épiscopales, et sa publication autorisée par le Saint-Père le 25 mars 2012, à l'occasion du vingtième anniversaire de l'exhortation apostolique Pastores Dabo Vobis. La clef de lecture de ce texte, a déclaré le cardinal Grocholewski, pourrait être : « le soin des vocations au sacerdoce est un défi permanent pour l'Eglise ».

« Le document énumère les conditions nécessaires pour que la grâce de l'appel trouve un terrain fertile dans l'Eglise et l'ouverture des jeunes à la vocation sacerdotale : un terrain fertile de vie chrétienne dans la communauté ecclésiale, la fonction irremplaçable de la prière, la valeur de la pastorale intégrée, un nouvel élan d'évangélisation et de mission, le rôle central de la famille, le témoignage de vie cohérent et joyeux des prêtres, l'efficacité éducative des expériences de volontariat, et la valeur des écoles et des universités », a-t-il exposé. Mgr Bruguès a précisé que « quelques éléments spécifiques doivent être particulièrement rappelés aujourd'hui, parce qu'ils sont menacés ou bien obscurcis et relégués au second plan par les importantes difficultés de la vie de l'Eglise et par la culture contemporaine, qui risquent de conduire à des déviations dangereuses de la 'figure de valeur' de la vocation au sacerdoce ministériel ».

Parmi eux, on trouve « la tendance à une transformation progressive du sacerdoce en profession ou métier » qui peut conduire à « la dangerosité de l'activisme exaspéré, à un individualisme croissant qui enferme souvent le prêtre dans une solitude négative et déprimante, et à la confusion des rôles dans l'Eglise qui apparaît lorsqu'on perd le sens de la différence de compétences et de responsabilités, et que tous ne convergent pas dans la collaboration à l'unique mission confiée au Peuple de Dieu ».

Mgr Vincenzo Zani a conclu cette présentation en soulignant que le document romain rappelle « que le terrain fertile de la vocation est une communauté chrétienne qui écoute la Parole, prie avec la liturgie et témoigne de sa charité. Il adresse à toute l'Eglise, un encouragement à reprendre avec confiance son engagement éducatif pour l'accueil de l'appel de Dieu au ministère sacerdotal, que nous devons, aujourd'hui encore, considérer comme étant diffusée par sa Providence et correspondant aux besoins ecclésiaux et à ceux de l'évangélisation du monde ». – On remarquera que sur un sujet d’une urgence devenue vitale aujourd’hui (voir l’article sur les ordinations en France en 2012), le style et le vocabulaire employés lors de la présentation de ce document romain rappellent étrangement ceux des rapports rédigés par les technocrates des organismes internationaux. Il est à craindre que la forme ne soit ici le reflet du fond : des mots qui trahissent des maux dont on ne voit plus le remède.