L’étrange enseignement du pape François à des séminaristes (2)

18 Juin, 2021
Provenance: FSSPX Spirituality
La ville d’Ancône

Le pape François a reçu en audience le jeudi 10 juin 2021 la communauté du séminaire pontifical des Marches, séminaire « Pie XI », sis à Ancône. Il a encouragé les responsables à imiter saint Joseph pour former ceux qui leur sont confiés, et les séminaristes à pratiquer la docilité.

Dans ce discours du pape, il y a des encouragements judicieux comme l’a signalé le premier volet de cet article. Mais il se trouve malheureusement des éléments qui sont de véritables déviations, comme celle décrite précédemment sur l’évolution de la connaissance que le Christ a de sa divinité.

Une insistance obsessionnelle sur le cléricalisme

Le pape s’inquiète aussi de trouver de la rigidité chez les séminaristes ou les jeunes prêtres : « La rigidité est un peu à la mode aujourd’hui ; et la rigidité est une des manifestations du cléricalisme. Le cléricalisme est une perversion du sacerdoce : c’est une perversion. »

Certes, le prêtre ne doit pas être rigide, mais rempli de suavité, de douceur, de miséricorde, de charité.

Mais ce que le pape désigne sous le terme de rigidité doit sans doute se traduire par « rectitude ». Car la rectitude n’est pas une rigidité. Refuser la communion à ceux qui ne peuvent y prétendre à cause de leur situation, n’implique pas la rigidité et par conséquent le cléricalisme selon François.

Cette rigidité est vue aussi par le pape comme menant au ritualisme, autrement dit à un respect extérieur des formes de la prière, sans ce qui est le plus important : l’union avec Dieu.

Mais l’attention portée aux formes du culte ne le dénature pas. N’est-ce pas sainte Thérèse d’Avila qui disait qu’elle était prête à mourir pour la moindre des rubriques de l’Eglise ? Elle voulait dire par là que les règles de la prière et de la liturgie ont été sagement posées pour aider à l’union à Dieu, même si certains s’attachent trop à la lettre et pas assez à l’esprit.

Dans ce registre, le pape a une expression pour le moins curieuse : « Et si vous vous mettez en colère contre Dieu, faites-le : car se mettre en colère contre son père est une façon de communiquer l’amour. »

Si l’on peut concéder que la colère est souvent sous-tendue par l’amour, blessé en l’occurrence, l’on ne peut concéder en revanche qu’il y ait des occasions de se mettre en colère contre Dieu. Ce genre de colère ne manifeste que notre impuissance à comprendre la charité divine.

Une conception étrange du sacerdoce

Enfin, le pape insiste pour que le prêtre – et le futur prêtre – ne se considère jamais comme détaché du peuple de Dieu. Il utilise la métaphore du troupeau et du berger pour l’illustrer.

Puis vient cette affirmation étrange : « Tu es un prêtre du peuple saint et fidèle de Dieu, tu es un prêtre parce que tu as le sacerdoce baptismal et tu ne peux pas le nier. »

Autrement dit, le prêtre est prêtre par son baptême. Ce qui est difficilement admissible. Car le prêtre est prêtre par le caractère sacerdotal et la grâce qui l’accompagne, caractère qui est radicalement différent du caractère baptismal.

Certes, ce caractère sacerdotal ne peut être reçu que dans une âme qui possède déjà le baptême, mais il élève celui qui en est marqué, et lui donne la capacité de réaliser, dans le culte, les actions du Christ lui-même : bénir, pardonner les péchés, baptiser, prêcher, consacrer la sainte eucharistie.

C’est donc par le sacerdoce propre du Christ que le prêtre est prêtre, et non par le sacerdoce baptismal. C’est par ce sacerdoce qu’il peut réellement être identifié au Christ dans les actes du culte. Ce sacerdoce est essentiellement différent du « sacerdoce commun » donné par le baptême.