L’Institut pontifical Jean-Paul II déclenche une polémique

30 Janvier, 2021
Provenance: fsspx.news

L’Institut théologique pontifical Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille a provoqué de vifs échanges dans le milieu catholique italien après un étrange message déposé sur sa page Facebook concernant Joe Biden et son soutien à l’avortement.

L’Institut avait été le théâtre d’une forte agitation à la suite de la publication de ses nouveaux statuts en juillet 2019. Rappelons brièvement cet épisode. Parmi les points principaux qui avaient provoqué l’indignation, il faut citer la suppression de l’enseignement de la théologie morale fondamentale. Mais aussi la re-nomination de tous les professeurs et le bouleversement des charges académiques, qui a entraîné d’autres suppressions.

Le cardinal Angelo Scola, archevêque émérite de Milan et ancien recteur de l’Université pontificale du Latran, avait parlé de « torpillage » à travers une « épuration » académique.

Il apparaît que l’Institut, perçu par François comme un obstacle à la diffusion de sa nouvelle conception du mariage exprimée dans Amoris lætitia, devait être recadré et repris en main. Même l’enseignement conservateur conciliaire était ainsi balayé par la marche forcée imposée par le pape vers la transformation « irréversible » de l’Eglise qu’il a en vue : une Eglise ouverte, s’adaptant au monde et à ses continuelles évolutions.

Sommes-nous devant les résultats de cette politique ? Toujours est-il que la page Facebook de l’Institut Jean-Paul II a repris un article publié le 20 janvier dans l’édition italienne du Huffington Post : « Joe Biden, un catholique à la Maison Blanche parmi les poisons de l’Eglise américaine ».

L’un des universitaires interrogés, Stefano Ceccanti, professeur de droit public à l’Université Sapienza et député du Parti Démocrate, y affirmait : « Biden a un problème avec la moitié de l’Eglise catholique américaine, celle qui s’est formée depuis les nominations épiscopales des deux précédents pontificats, sur la rhétorique de principes non négociables et qui, de plus, est opposée à la fois à Biden et au Pape François, et ce n’est pas un hasard. »

L’article ajoutait que l’élection de Biden peut être considérée comme « complémentaire à l’élection du pape François ». « Il ne fait aucun doute qu’il y a une harmonie entre François et Biden, et que la victoire de Biden peut être considérée au sens large comme une victoire pour François. »

L’Institut pontifical s’enfonce face aux réactions

Les critiques ne se firent pas attendre. Elles s’interrogeaient sur l’éloge de Biden, qui est un fervent partisan de l’avortement légal, ce qui est contraire à la doctrine catholique.

La réponse laisse pantois : l’Institut théologique pontifical affirme que « défendre le droit à l’avortement ne signifie pas défendre l’avortement ». Et pour enfoncer le clou, il ajoutait que « si nous devons attribuer des licences de catholicité en fonction des positions politiques, très peu de politiciens pourraient se décrire comme catholiques ». Tel est bien le problème…

L’Institut a finalement retiré le post et la discussion. Mais cela n’a pas calmé l’agitation pour autant.

Il reste qu’avec de pareils principes tout – ou presque – est permis, par le biais du légal. Mais ce qui n’est pas moral ne peut en aucun cas recevoir de sanction légale. Comme l’affirme saint Thomas d’Aquin, une loi immorale n’est pas une loi. Elle ne peut en aucun cas contraindre les consciences. Au contraire, il est impossible d’y obéir sans faute.

Enfin, ceux qui se sont émus de ce « post » de l’Institut devraient se rappeler que l’exemple vient de haut, et il est tout récent. Lorsque le pape François promeut les unions civiles des homosexuels tout en refusant de les appeler “mariages”, il ne fait rien d’autre que de défendre un droit à l’homosexualité, tout en prétendant condamner le péché de sodomie. C’est le même fondement.