Massacres au Nigéria : l’indécence du président irlandais

23 Juin, 2022
Provenance: fsspx.news
Michael D. Higgins, président de l’Irlande

Au Nigéria, le chef de l’Etat irlandais a soulevé l’indignation de l’Eglise locale en attribuant la responsabilité première des massacres de catholiques perpétrés par les commandos djihadistes, au changement climatique.

Les catholiques nigérians se rappelleront longtemps le 5 juin 2022 : en ce dimanche, où l’Eglise universelle célébrait la Pentecôte, un commando djihadiste a pris pour cible l’église Saint-François-Xavier d’Owo, dans l’Etat d’Ondo, causant probablement la mort d’une cinquantaine de fidèles.

Un bilan sanglant qui s’ajoute aux quelques 4 650 chrétiens ayant perdu la vie de façon violente l’an dernier, et aux 900 autres durant le premier trimestre de l’année 2022.

Mais ce qui change peut-être avec le massacre d’Owo, c’est l’entreprise de relativisation latente du caractère islamiste de l’agression perpétrée le 5 juin dernier : ainsi, le président irlandais, dans un message de condoléances envoyé aux catholiques nigérians dont l’Ile des saints est historiquement très proche, invoque le climat comme vrai responsable de la boucherie, et il n’est pas le seul.

Michael D. Higgins a ainsi cru bon de mettre en garde « contre toute tentative de faire des bergers peuls des boucs émissaires, car ils sont les premières victimes du changement climatique ».

Des propos ahurissants qui ont fait bondir Mgr Jude Arogundade, évêque d’Ondo, diocèse sur le territoire duquel la tuerie a été perpétrée : « établir un lien fallacieux entre les victimes du terrorisme et les conséquences du changement climatique n’est pas seulement une erreur grossière, mais revient à jeter du sel sur les blessures des victimes du terrorisme au Nigeria », a réagi le prélat.

Pour rétablir la vérité et comprendre ce dont il est question, il convient de rappeler que l’ethnie peule – composée de nomades transhumants – est l’un des principaux viviers du djihadisme au Sahel.

Ils sont de religion musulmane, dans leur très grande majorité – voire dans certains pays dans leur quasi-totalité – et ont joué un rôle historique important dans la pénétration de l’islam en Afrique de l’Ouest, aux dépens d’autres populations, chrétiennes notamment.

Depuis plusieurs décennies, la situation des Peules s’est détériorée : ils affirment être les laissés pour compte des politiques de développement, estiment être victimes de discrimination de la part des autorités, éprouvant fréquemment le sentiment de vivre en milieu hostile, étant donné que les populations sédentaires rendent de plus en plus délicat leur nomadisme.

Une aubaine pour les islamistes radicaux qui n’ont pas eu beaucoup à faire pour convaincre ces populations musulmanes de les suivre dans l’horreur. On le voit : les faits sont têtus et invalident l’analyse peu inspirée du chef de l’Etat irlandais.

L’évêque d’Ondo, quant à lui, est bien décidé à rétablir la vérité, et il affirme que « les commentaires associant le banditisme, les enlèvements et les attaques macabres contre des citoyens innocents aux questions de changement climatique sont des détournements de la vérité ».

Une façon de porter également un démenti cinglant aux Américains qui ont retiré, il y a quelques mois déjà, le Nigéria de la liste noire des pays où sévit le terrorisme islamiste : un déni de réalité supplémentaire de la part d’un Occident sécularisé, qui pourrait un jour fort bien être victime d’un effet boomerang aussi violent qu’inattendu.