Météo clémente sur les finances du Vatican

11 Août, 2022
Provenance: fsspx.news
La tour Saint-Jean dans les jardins du Vatican, siège du secrétariat à l’Economie

Un déficit d’un peu plus de trois millions d’euros par rapport aux trente-trois millions prévus : le bilan est positif même s’il cache néanmoins des faiblesses structurelles. C’est ce qui ressort du rapport des finances du Vatican pour l’année 2021, qui vient d’être rendu public.

Le père Juan Antonio Guerrero présente un visage aux traits sereins en ce 5 août 2022, date à laquelle le préfet du secrétariat pour l’Economie dresse le bilan public des finances du Vatican pour l’année 2021.

Au long d’un document d’une dizaine de pages – véritable exercice de transparence – on apprend que le Saint-Siège a présenté pour l’exercice 2021 un déficit de 3,3 millions d’euros, alors qu’on s’attendait plutôt à 33,4 millions. Soit dix fois moins que prévu : pour mémoire, sur l’exercice de l’année 2020, le déficit atteignait 66 millions d’euros…

« Le Saint-Siège réduit chaque année son patrimoine pour couvrir les services de la Curie romaine », a commenté le père Guerrero, avec sa sobriété habituelle : une victoire pour celui qui se présente comme le grand défenseur de la « transparence » des comptes de l’Eglise, dont le pontife romain a fait l’une de ses priorités.

« Nous avons franchi de nombreuses étapes au cours de cette période dans le sens de la transparence, de la protection économique du Saint-Siège et de la durabilité », a d’ailleurs ajouté le secrétaire pour l’Economie.

Et pour cause, puisque le micro-Etat a présenté à la fin du mois de juillet dernier, sa nouvelle politique d’investissements « éthiques » et « durables », qui comprend, entre autres, la fermeture de ses comptes offshore, et l’interdiction d’investissements dans le domaine des armes.

Les résultats inattendus des finances du Vatican s’expliquent pour partie par la tendance favorable des marchés et la baisse du taux de change avec le dollar, mais ils ne doivent pas masquer les problèmes structurels rencontrés.

Le père Guerrero ne s’en cache pas : « si nous faisons une analyse détaillée, il y a des domaines qui doivent être améliorés », confesse-t-il. Ainsi, le Saint-Siège vend pour 20-25 millions d’euros de patrimoine en moyenne chaque année « car la mission du pape n’est pas suffisamment financée », explique le jésuite. Des ventes préoccupantes pour l’avenir.

Et pour cause, de nombreux dicastères effectuent un service pour lequel ils ne reçoivent aucun bénéfice économique : « nous ne pouvons pas compenser les dépenses de certaines entités par les revenus de toutes les autres », reconnait le patron des finances du Vatican.

D’ailleurs, le secteur de la Curie romaine reste déficitaire, à hauteur de 10 millions d’euros, malgré les 56 millions économisés par rapport à 2020, et la mise à la diète forcée par le pape François.

Mais le préfet du secrétariat à l’Economie nuance : « nous ne sommes pas à la tête d’une entreprise, l’économie doit servir et non gouverner… »