Mgr Bätzing ne veut plus répondre aux critiques sur le Chemin synodal

13 Mai, 2022
Provenance: fsspx.news
Mgr Samuel Aquila, pourfendeur du Chemin synodal

Récemment, de nouvelles critiques se sont abattues sur le processus entrepris par l’Eglise d’Allemagne, le Chemin synodal. Ainsi, le 5 mai dernier, le Tagespost signalait celle de Mgr Czeslaw Kozon, président de la conférence épiscopale de Scandinavie. Et le 3 mai, Mgr Samuel Aquila, archevêque de Denver envoyait la sienne à Mgr Bätzing.

Le président de la conférence épiscopale allemande, Mgr Georg Bätzing, est fatigué par toutes ces réprobations. Il a répondu à Mgr Aquila en rejetant les condamnations proférées contre le Chemin synodal et en avertissant qu’il ne répondrait plus aux lettres ouvertes à l’avenir.

L’archevêque de Limbourg a souligné que le Chemin synodal avait pour but de s’attaquer aux « causes systémiques des abus et de leur dissimulation, qui ont causé une souffrance indicible à tant de personnes dans l’Eglise et par l’Eglise ».

Dans son analyse, Mgr Aquila a réaffirmé le Chemin synodal de « trahison de l’Evangile ». Il explique que l’initiative remet en question le patrimoine de la foi et le rejette même dans certains cas. Il a fait référence aux débats sur la morale sexuelle catholique.

Au sujet des abus, l’archevêque de Denver écrit : « Pourquoi l’enseignement catholique doit-il changer sur des questions fondamentales de doctrine et de vie morale parce que les évêques allemands n’ont pas réussi à enseigner efficacement et à diriger honnêtement ? »

La réponse à Mgr Aquila

Dans sa réponse, le président de la conférence épiscopale allemande affirme : « Sur la base de discussions suivies avec les personnes concernées et d’études scientifiques sur les événements d’abus d’enfants et de jeunes par des membres du clergé dans notre pays, nous avons dû accepter douloureusement que ce sont des facteurs systémiques multidimensionnels dans l’église catholique qui favorisent les abus. » Les découvrir et les surmonter est le point de départ de la voie synodale.

En revanche, l’argument d’Aquila selon lequel les évêques ont commis des erreurs dans la gestion des abus et qu’ils veulent maintenant, au lieu d’en assumer la responsabilité, remettre fondamentalement en question l’enseignement de l’Eglise, est « à mon humble avis terriblement unilinéaire et ne rend malheureusement pas justice, loin s’en faut, à la réalité complexe des structures qui favorisent les abus dans l’Eglise catholique ».

Mgr Bätzing a annoncé qu’il ne répondrait désormais plus aux lettres ouvertes. « Si je l’ai fait la première fois, c’est par respect pour toi et pour mes confrères. Mais tu sais aussi qu’il est d’usage de laisser les lettres ouvertes sans réponse. »

Il affirme également que, parmi les signataires de la première lettre, il y avait des personnes « qui n’étaient pas informées du véritable processus de discussion de la voie synodale », reproche-t-il à l’archevêque de Denver.

« Et même après un certain temps, ils n’avaient pas connaissance du fait que j’avais répondu en détail et de la manière dont je l’avais fait. Cela montre qu’ils n’ont pas rendu ma réponse accessible au public de la même manière que leur propre lettre. » C’est le droit d’Aquila, mais cela rend sa démarche « quelque peu douteuse », conclut-il.

Quoiqu’il en soit, il n’est pas besoin d’être évêque pour se rendre compte de la dérive du Chemin synodal. Et il est également évident que Rome ne peut pas ne pas savoir ce qui s’y passe. Enfin, il est sûr que, si Rome n’intervient pas – et par Rome, il faut entendre le Pape – les dégâts infligés à l’Eglise d’Allemagne risquent de faire passer la Réformation pour un rhume des foins.