Mgr Gänswein à la rescousse de Benoît XVI

29 Mars, 2022
Provenance: fsspx.news
Benoît XVI et Mgr Georg Gänswein en 2011

Défense du pape émérite sur sa gestion des abus en tant qu’archevêque de Münich, plaidoyer pour maintenir le célibat sacerdotal, prétendue opposition entre le pape François et l’ancien pontife allemand : le secrétaire particulier de Benoît XVI livre ses réflexions dans la presse outre-Rhin.

C’est l’hebdomadaire allemand Die Zeit que Mgr Georg Gänswein a choisi pour défendre la personne et l’action du pape émérite.

Dans un entretien paru le 16 mars 2022, relayé par la presse catholique internationale, le secrétaire particulier de Benoît XVI commence par rejeter une nouvelle fois les accusations de dissimulations portées à l’encontre de l’ancien pontife allemand, dans le volet bavarois des abus sur mineurs.

Le 15 janvier 1980, alors qu’il était encore archevêque de Münich et Freising, Mgr Ratzinger avait assisté à une réunion où avait été évoqué le traitement d’un clerc – dont on saurait plus tard qu’il s’était rendu coupable d’abus dans une autre circonscription ecclésiastique – séjournant de façon temporaire dans le diocèse bavarois.

Appelé il y a quelques mois à témoigner dans ce dossier, le pape émérite – âgé de 94 ans – niait dans un premier temps avoir assisté à cette réunion, avant de se rétracter et de regretter une « erreur de sa part », « un grave oubli ».

« Il y a un abîme entre l’erreur et le mensonge », souligne Mgr Gänswein, qui ajoute que l’ancien pape a été « très heurté » qu’on puisse l’accuser de mentir, d’autant plus qu’il « n’avait pas alors connaissance des faits reprochés à ce prêtre ».

Et le secrétaire particulier de Benoît XVI de mettre une nouvelle fois en cause la méthodologie du rapport bavarois concernant les abus : « beaucoup de questions ont été formulées de façon imprécise, voire suggestive ; on n’a pas fait la distinction pourtant nécessaire entre les hypothèses, les affirmations, et les faits avérés », déplore-t-il.

Mgr Gänswein tient également à faire une mise au point : non, il n’est pas le « nègre » de Benoît XVI. « Les écrits que le pape émérite signe et publie, c’est lui qui les rédige dans leur intégralité : l’affirmation selon laquelle “Benoît n’écrit plus, Gänswein fait tout à sa place” pourrait être un compliment pour moi, si cela n’était pas totalement erroné », insiste-t-il.

Et qu’on ne dise pas que Mater Ecclesiae – la retraite de l’ancien pontife romain – serait devenue le lieu de pèlerinage, voire le repaire, des opposants au pape argentin : une accusation qui fait hausser les épaules de Mgr Gänswein qui précise toutefois que « même si Benoît XVI s’est retiré dans son monastère au milieu des jardins du Vatican, il n’a cependant pas fait vœu de silence ».

Néanmoins, « il n’y a qu’un pape, c’est François, et qu’un seul magistère pontifical, celui que François exerce », tient à préciser le prélat.

C’est sur une défense du célibat sacerdotal, que s’achève l’entretien publié par Die Zeit.

Quand on lui demande si la discipline actuellement en vigueur dans l’Eglise latine ne favorise pas la dissimulation ou l’hypocrisie, le secrétaire particulier de Benoît XVI tient à rappeler que « ceux qui vivent dans le célibat le font en toute liberté », et que « l’immense majorité des prêtres vivent le renoncement pour la plus grande cause de Dieu, selon les paroles du Christ : pour le royaume des cieux ».

« On peut certes se réfugier dans le sacerdoce, comme d’ailleurs dans le mariage, mais dans un cas comme dans l’autre, on sera toujours face à soi-même », conclut-il à l’adresse des progressistes qui ont fait de l’abolition du célibat sacerdotal leur cheval de bataille.