Midterms 2022 : sous le signe du combat pour la vie

21 Novembre, 2022
Provenance: fsspx.news

Outre Atlantique, l’ambiance est plutôt à la déception du côté des organisations pro-vie, alors qu’il aura fallu plus d’une semaine depuis les 9 et 10 novembre 2022, pour voir s’affiner définitivement les résultats des élections de mi-mandat, ces fameux Midterms qui, avec l’élection présidentielle, rythment la vie politique américaine. Une chose est certaine : le thème de l’avortement - pour ou contre - a été décisif dans le choix des électeurs. 

Si les républicains ont réussi à reprendre - de justesse - la Chambre des représentants, la « vague rouge » prévue par les sondages - couleur du parti républicain surnommé Grand Old Party (GOP) - n’a pas eu lieu. Quant au Sénat, il échoit in extremis, aux démocrates. 

Ces derniers, loin d’être en déroute, ont même pris ou conservé, contre toute attente, le contrôle de plusieurs leviers législatifs locaux, ce qui leur laisse les mains libres afin d’appliquer l’agenda permissif en matière d’avortement et de d’idéologie du genre, dont l’administration Biden a fait son cheval de bataille. 

Dans ce domaine, d’autres sources d’inquiétudes sont nées des résultats des référendums organisés - comme le prévoit le système des Midterms - au sein de chaque Etat : en Californie, 65% des votants ont ainsi approuvé un amendement à la Constitution proposé par l’hôte de la Maison-Blanche - mais non encore voté à cette heure, en raison d’un défaut de majorité au Congrès - afin de renforcer le « droit » à l’avortement. Le Vermont et le Michigan se sont également prononcés de même. 

Il s’agit de la fameuse proposition one qui inscrit dans le marbre de la loi, le droit fondamental de pratiquer librement un avortement et de recourir à la contraception, en sorte que la Cour suprême locale d’un Etat ne serait plus en mesure de revenir en arrière. Le gouverneur de l’Etat iconique de la Côte ouest, Gavin Newsom, n’a pas hésité à dépenser 3,4 millions d’euros dans sa campagne en faveur de la proposition one, c’est tout dire… 

Un amendement dont les contours demeurent - volontairement ? - flous, et qui - s’il était voté par le Congrès à Washington - pourrait permettre à une femme, d’après l’avis de plusieurs juristes, de mettre fin à la vie de l’enfant qu’elle porte jusqu’à la veille du terme : « Nous savons que plus de 80 % des Californiens rejettent l'avortement tardif, et c'est pourtant exactement ce que la proposition one permet », déplore Catherine Hadro, porte-parole de la campagne No on proposition one - « Non à la proposition 1 ». 

« Il nous faudra à l’avenir être extrêmement attentifs et vigilants pour faire connaître la vérité, pour partager les faits vraiment réels », a-t-elle ajouté, accusant ses adversaires politiques d’user de fausses nouvelles pour tromper les électeurs. 

Les partisans du combat pour la vie pourront se consoler : avec une chambre fédérale des représentants acquise - d’une courte tête - aux républicains, le spectre de la proposition one demeure éloigné, mais pour combien de temps encore ? 

Autre fait préoccupant, mais pour les démocrates cette fois-ci : depuis 2018, le GOP attire de plus en plus à lui l’électorat latino-américain, et les derniers Midterms viennent confirmer cette tendance. 

Une inquiétude de plus pour l’administration Biden, car cet électorat, traditionnellement catholique et fidèle par coutume au parti démocrate, est amené à peser toujours davantage dans les urnes, à l’avenir. 

Une électorat souvent sensible à la question de l’avortement : d’ailleurs, un sondage de sortie des bureaux de vote publié par CNN, montre que la question de l’avortement est la principale préoccupation des électeurs, juste après l’inflation. 

Quoi qu’il en soit, le prochain grand rendez-vous politique aura lieu dans deux ans, pour les élections présidentielles : un scrutin décisif pour les organisations pro-vie, qui espèrent que leur futur champion ne s’épuisera pas dans la lutte pour l’investiture du GOP. 

Et là, rien n’est moins sûr : l’ancien président Donald Trump n’a pas  hésité à écorner publiquement l’image de celui qui apparaît aujourd’hui comme un potentiel rival républicain pour 2024 : le catholique Ron DeSantis, largement victorieux en Floride, un Etat-clé pour la présidentielle. 

« S’il se présente, ça pourrait lui faire très très mal (…) Je connais des choses vraiment pas très flatteuses sur lui, j’en sais plus que personne sur lui, à part sa femme peut-être », a allégué de façon sibylline le milliardaire, inaugurant une compétition qui pourrait ressembler au décollage de l’albatros : longtemps au ras du sol avant de prendre un envol difficile.  

A moins que le GOP ne se résigne à jouer un remake de la Nuit des Longs Couteaux…