Moneyval a publié son évaluation sur le Saint-Siège

10 Juin, 2021
Provenance: fsspx.news

Le rapport de l’organe du Conseil de l’Europe, de près de 300 pages, a été publié ce 9 juin. Il est présenté comme globalement positif Vatican news, mais il pointe encore un certain nombre de lacunes.

Le Comité d’experts sur l’évaluation des mesures de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (MONEYVAL) est un organe de suivi permanent du Conseil de l’Europe chargé d’apprécier la conformité aux principales normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et contre le financement du terrorisme.

Il est également chargé d’apprécier l’efficacité de l’application de ces normes, ainsi que de faire des recommandations aux autorités nationales concernant les améliorations nécessaires à leurs systèmes.

Dans l’évaluation de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, le Vatican a obtenu 5 jugements d’efficacité « substantielle » et 6 d’efficacité « modérée », sur une échelle qui comporte un degré « faible », et un degré « élevé ». Pour le président de l’ASIF, Carmelo Barbagallo, il s’agit d’un « encouragement à faire encore mieux ».

Les points encore insuffisants

Parmi les points sur lesquels il faut encore progresser, les experts en ont particulièrement signalé trois.

Les procédures

Malgré de réels progrès, elles restent encore inefficaces pour lutter contre le blanchiment. Même si les produits illicites sont tracés et détectés, ils sont rarement récupérés, à cause de cette inefficacité.

Les enquêtes sont trop longues, leurs résultats, modestes, et au bout du compte, il n’y a pas de véritable dissuasion.

Pour tempérer ce jugement, Moneyval reconnaît que le Vatican dépend des juridictions étrangères qui doivent lui fournir les informations pertinentes pour la réalisation des enquêtes, ce qui freine le travail.

Une évaluation insuffisante des menaces

D’une part, du côté de ceux qui sont susceptibles de blanchir ; d’autre part du côté du personnel qui n’est pas assez formé et n’a pas assez d’expérience dans le domaine du blanchiment.

Enfin, par un manque de personnel qualifié.

Des affaires qui traînent

Le Saint-Siège présente des lacunes en matière de renseignement financier et sa difficulté de recueillir des preuves dans les temps impartis.

Il existe enfin un manque de supervision des activités financières qui peut expliquer cette lenteur.

Dans un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège publié ce mercredi, on peut lire que le « Saint-Siège accueille avec satisfaction le rapport Moneyval publié aujourd’hui et l’encouragement à poursuivre sur la voie empruntée ».