Myanmar : les chrétiens font les frais de la guerre civile

04 Octobre, 2021
Provenance: fsspx.news
L'église du Sacré-Cœur à Mindat

Un presbytère, un couvent et un pensionnat ont subi d’importants dommages, alors que les attaques de l’armée birmane s’intensifient dans le Chin, Etat à majorité chrétienne situé dans le Nord-Ouest du Myanmar. Les catholiques de l’Inde voisine se mobilisent pour venir en aide aux réfugiés.

Les bâtiments religieux situés dans l’enceinte de l’église du Sacré-Cœur de Mindat (Etat de Chin) ont été la cible de tirs d’artillerie dans la nuit du 22 au 23 septembre 2021 : aucune victime n’a été à déplorer, car les fidèles s’étaient réfugiés dans l’église.

Dans le même temps, le toit du pensionnat, le presbytère et le couvent ont été partiellement endommagés.

Les attaques de Tatmadaw – le nom donné aux forces armées régulières birmanes – se multiplient dans cette zone où la majorité chrétienne refuse le coup d’Etat perpétré le 1er février 2021 par la junte militaire.

Le 7 septembre dernier, le Gouvernement d’unité nationale – structure clandestine du Chin entrée en résistance contre les nouveaux maîtres de Rangoon – a même décrété le soulèvement général, entrainant une intensification des combats.

Un appel qui n’a pas eu de difficulté à trouver un large écho dans cet Etat récent, créé en 1974, dont l’ethnie chin a de tout temps été considérée avec mépris par le peuple bamar, majoritaire au Myanmar.

Une raison qui permet d’expliquer pourquoi le christianisme a pu se frayer là un large chemin, dans un pays à majorité bouddhiste.

Depuis plusieurs semaines, au Chin, pilonnages et perquisitions d’églises se multiplient, des prêtres sont arrêtés, des civils chrétiens non armés sont la cible des forces de sécurité, qui n’hésitent pas à profaner les lieux de culte en y installant leurs campements.

Résultat : entre huit et quinze mille personnes, selon différentes sources, auraient déjà fui la région afin de se réfugier dans l’Inde voisine, plus précisément dans l’Etat du Mizoram, au témoignage de Mgr Stephen Rotluanga.

L’évêque d’Aizawl, capitale du Mizoram, a d’ailleurs tout mis en œuvre pour accueillir les réfugiés chrétiens dans son diocèse.

La récente libération, le 6 septembre dernier, du bouddhiste U Wirathu – un religieux fanatique – n’augure rien de bon pour les catholiques du Myanmar : ce contempteur de toutes les minorités religieuses birmanes, chrétienne ou musulmane n’hésite pas à se présenter aux médias comme le « Ben Laden de Birmanie ». Tout un programme…